1,58 milliard d'euros : c'est ce que la Commission européenne promet de faire économiser aux agriculteurs chaque année grâce au nouveau paquet de mesures de simplification de la politique agricole commune (PAC) qu'elle a annoncé aujourd'hui. Un montant auquel s'ajouteraient 210 millions d'euros pour les administrations nationales, assure Bruxelles, qui n'a pourtant réalisé aucune analyse d'impact, mais seulement une « analyse » basée sur une « vaste consultation ».
Conçu comme un nouveau volet de l'ensemble de propositions dites « Omnibus » visant à simplifier divers secteurs économiques de l'UE, afin de renforcer leur compétitivité, le paquet de mesures concernant la PAC est aussi une réponse à la colère que les agriculteurs européens ont massivement exprimée au début de 2024. La Commission y avait d'ailleurs déjà immédiatement et partiellement répondu en annonçant de premières « simplifications » dès mars 2024, qui avaient été pointées du doigt par les défenseurs de l'environnement comme un allègement des contraintes environnementales de la PAC.
La critique sera d'ailleurs probablement réitérée. Comme il y a un an, un certain nombre des nouvelles mesures s'attaque, en effet, aux exigences vertes de la PAC, en remettant en cause trois « bonnes conditions agricoles et environnementales » (BCAE) qui doivent être respectées pour bénéficier des aides financières. Il s'agit notamment des règles portant sur le maintien de prairies permanentes, sur la protection des zones humides et des tourbières et sur celle des cours d'eau, notamment de la pollution causée par les pesticides. La Commission veut d'une part relever des seuils d'exigence, d'autre part attribuer aux États membres davantage de pouvoir d'appréciation quant à leur respect.