L'édito éco de Lucie Robequain. Les mirages de la cryptosphère
Lucie Robequain
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LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
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Si vous achetez des crypto-actifs en espérant devenir millionnaire, grand bien vous fasse : il est possible que vous y parveniez, il est possible aussi que vous y perdiez vos économies. Cette prise de risque n'est pas plus répréhensible que de jouer au casino ou de sauter à l'élastique : elle ne regarde que vous.
Le problème survient quand on demande aux bons pères de famille d'en payer les frais, et de secourir les têtes brûlées le jour où tout s'effondre. Jusqu'alors, ces deux populations ne se rencontraient guère. La réglementation américaine décourageait les institutions financières de lancer leurs cryptos, et empêchait la Réserve fédérale d'en acquérir. Idem en Europe : notre épargne restait confinée dans un cadre réglementé et transparent.
Donald Trump est en train de mettre un grand coup de pied là-dedans. Il souhaite constituer une réserve stratégique de bitcoin avec ce fol espoir que le pays remboursera ses dettes grâce aux plus-values. Il veut lever les réglementations qui empêchent Wall Street de rejoindre l'aventure. Les banquiers sont aux anges : présents au forum économique de Davos la semaine dernière, les patrons de Goldman Sachs et de Bank of America n'attendent que le feu vert des autorités pour partir à l'assaut du marché.
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La folie crypto s'empare aussi de l'Europe. La République tchèque est le premier pays du Vieux Continent à vouloir investir dans le bitcoin, via sa banque centrale. Elle a présenté un projet en ce sens ce jeudi. En Allemagne, c'est Christian Lindner, ministre des Finances jusqu'en novembre dernier, qui rêve de voir la Banque centrale européenne (BCE) et la Bundesbank inclure le bitcoin dans leurs monnaies de réserve.
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