La chronique de Marc Fiorentino. Déficit et dette hors de contrôle : quel impact sur votre argent ?
Marc Fiorentino

Reprenez le contrôle de vos finances en suivant les conseils de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
Marc Fiorentino

Reprenez le contrôle de vos finances en suivant les conseils de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
Rapport après rapport, la Cour des comptes martèle le même message : nos finances publiques, notre dette et, dans le dernier rapport, notre budget de la Sécurité sociale sont « hors de contrôle ». La situation n'est pas nouvelle, elle ne date pas des derniers gouvernements, mais elle s'est dégradée à une vitesse ahurissante depuis la pandémie de Covid-19.
En cause, le maintien du « quoi qu'il en coûte » bien au-delà de l'après-Covid. Les vannes des aides ont été largement ouvertes, mais on a oublié de les refermer. Et quand on observe la difficulté que nous avons actuellement à limiter, à la marge seulement, le dérapage aberrant de la note de taxis pour la Sécurité sociale, on a peu d'espoir de voir des mesures drastiques adoptées dans un proche avenir.
Les chiffres sont effrayants. Record absolu de notre dette, de même que de la charge de la dette amplifiée par le rebond des taux d'intérêt après l'invasion de l'Ukraine. Elle a doublé depuis 2019. Pas moins de 5,6 % de nos recettes fiscales sont consacrées au remboursement des intérêts de cette dette, et le chiffre va continuer à déraper dans les années qui viennent. Dans la zone euro, seules la Grèce et l'Italie présentent une dette supérieure en pourcentage du PIB à la nôtre : 113 % pour nous, 153 % pour la Grèce et 135 % pour l'Italie.
Cette situation a un impact direct sur votre argent. Tout d'abord, qui dit déficit et dettes « hors de contrôle » dit financement de la dette plus difficile et donc taux d'intérêt plus élevés. Nos taux d'intérêt auraient dû largement chuter depuis quelques mois du fait du ralentissement de la croissance et du reflux de l'inflation, mais leur baisse est freinée par le poids de notre endettement. Il faut continuer à attirer les investisseurs, et pour cela il faut leur offrir un rendement plus élevé.
Des taux d'intérêt qui ne baissent pas assez vite sont un frein à la fois pour l'économie et pour l'investissement immobilier. En revanche, les rendements des placements de taux d'intérêt sont plus attractifs : la part des placements de taux dans votre allocation doit donc rester plus élevée, des super-livrets aux fonds obligataires en passant par les fonds euros boostés dans l'assurance-vie et le PER.
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Mais l'impact le plus alarmant de ce dérapage non contrôlé de notre dette porte sur la fiscalité. Avec une épargne des Français qui a atteint un nouveau record - l'en-cours est égal au double de notre dette -, les gouvernements seront tentés d'augmenter la fiscalité sur l'épargne. Sans la ponctionner brutalement - aucun besoin d'effrayer les épargnants et les marchés -, mais en la siphonnant régulièrement, année après année.
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En augmentant les taxes et impôts et en réduisant ou en supprimant les niches fiscales. Dès lors, assurez-vous que vous optimisez l'utilisation des enveloppes fiscales à votre disposition, de l'assurance-vie au PER, en passant par le PEA. Ce sont les derniers refuges. Et ce sont les derniers bastions qui résisteront à une offensive fiscale sur l'épargne. Plus les finances publiques sont « hors de contrôle », plus vous devez contrôler vos finances personnelles.
Marc Fiorentino