La marque de cosmétique Sisley cultive sa différence depuis quatre générations
Marie-Pierre Gröndahl
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La marque Sisley est implantée dans 115 pays du monde.
LTD/Oleg Covian
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La marque Sisley est implantée dans 115 pays du monde.
LTD/Oleg Covian
Quatre générations en presque un demi-siècle d'existence. Fondée en 1976 par Isabelle et Hubert d'Ornano, dont le père, Guillaume, avait cocréé Lancôme en 1935, cette pépite fait figure d'exception. Dans un secteur - la cosmétique - dominé par des titans, Sisley est parvenu à imposer sa différence, grâce à un modèle inédit : miser sur le très haut de gamme, en s'offrant le plus grand des luxes, celui du temps.
Le temps de la recherche et celui de la création. Sans études de marché, mais en privilégiant une approche scientifique. Tout en conservant son indépendance, à l'écart des marchés financiers et des fonds d'investissement.
Avec 5 .000 salariés de 120 nationalités - un millier en France -, à 90 % des femmes, un chiffre d'affaires qui a frôlé le milliard d'euros en 2024 (pour 120 millions en 1999), un taux d'exportation de 90 % et une fabrication 100 % française, le roi de la phytocosmétique a démontré la pertinence de ses choix. À sa tête, Philippe d'Ornano, 60 ans, l'un des cinq enfants du couple de fondateurs, entré dans l'entreprise à 22 ans, en 1986, comme représentant de commerce. Avant d'en prendre la direction en 2013.
« Nous sommes présents dans 115 pays du monde, un travail de longue haleine, car il faut accepter des pertes avant de pouvoir percer dans un nouveau marché », dit ce passionné de surf et de photographie, qui a travaillé « en symbiose » avec son père, et dont la mère vient encore aujourd'hui tous les jours au siège parisien de l'entreprise, autrefois occupé par la mythique compagnie Aéropostale de Jean Mermoz.
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Le pari original ? Exploiter les principes actifs des plantes, qui en possèdent de 100 à 200. 000 chacune, « de véritables usines chimiques à elles toutes seules », selon le dirigeant. « Mon grand-père avait fondé Lancôme. Mon père et mon oncle, Orlane, vendue en 1967, et les parfums Jean d'Albret. Mes parents sont repartis de zéro en rachetant une toute petite société créée en 1972, baptisée Sisley, en prenant le risque de tout perdre », raconte l'actuel patron, père de trois filles.
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Marie-Pierre Gröndahl