Les frais à éviter, ceux à réduire, ceux à accepter
Marc Fiorentino

Quels frais pouvez-vous réduire ou éviter ? Marc Fiorentino prodigue ses conseils.
LTD/kitzcorner/Shutterstock
Marc Fiorentino

Quels frais pouvez-vous réduire ou éviter ? Marc Fiorentino prodigue ses conseils.
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Le monde de l'épargne a connu une transformation majeure. L'essor des acteurs numériques, de fintechs ou « finfluenceurs » qui prônent l'éducation financière, ou encore la pression des régulateurs ont entraîné une tendance bienvenue : les frais baissent. Depuis plus de dix ans, les coûts des placements reculent, redonnant du pouvoir à l'épargnant.
La dernière lettre de l'Observatoire de l'épargne de l'AMF en témoigne : dans les banques de réseau, les frais de courtage sur PEA et compte-titres sont passés de 0,8 % à 0,67 % en cinq ans.
Cette baisse s'explique notamment par une concurrence accrue. Les banques en ligne plafonnent autour de 0,45 %, quand les néobrokers descendent à 0,13 %. Pour un produit identique, l'écart est important, et le service souvent supérieur côté numérique : plateformes plus claires, données en temps réel, outils d'analyse intégrés.
Malgré cela, de nombreux épargnants continuent de payer trop. Par habitude, manque d'information ou simplement par flemme... L'exemple le plus frappant : les frais d'entrée sur l'assurance-vie ou le PER (plan d'épargne retraite). Fréquents sur les contrats distribués par les réseaux bancaires, qui drainent encore la majorité de la collecte, ils dépassent parfois 3 % par versement. Résultat : plusieurs centaines de millions d'euros prélevés chaque année au titre des frais d'entrée et de versement !
Pourtant, de nombreux contrats en ligne affichent 0 % de frais d'entrée, tout en proposant davantage de supports : fonds euros, actions, immobilier, private equity... Le tout via des interfaces modernes, avec un accompagnement souvent plus riche. Rien ne justifie encore de payer à l'entrée.
S'agissant du PER et de l'assurance-vie, l'épargnant doit également étudier scrupuleusement les frais de gestion annuels, prélevés chaque année sur les encours. Même faibles en apparence (autour de 0,85 % en moyenne), ils deviennent redoutables sur la durée. Sur 20 ans, un écart de 0,2 % représente des milliers d'euros de performance en moins. Il faut donc comparer les contrats sur ce critère avec attention. Et privilégier ceux sans frais d'entrée, et avec des frais de gestion inférieurs à 0,8 %.
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À cela s'ajoutent les frais des supports eux-mêmes : ETF, OPCVM, SCPI, produits structurés... Ils sont intégrés à la performance mais bien réels. Un ETF coûte souvent 0,2 %, un OPCVM actif jusqu'à 2 %. Parfois, cet écart est justifié : fonds à forte valeur ajoutée, gestion active performante, ou accès à des marchés spécifiques. Sinon, il est préférable d'opter pour la gestion passive.
Certains produits ont des frais élevés mais apportent une vraie valeur. Les SCPI donnent accès aux rendements attractifs de l'immobilier sans contrainte de gestion. Les produits structurés embarquent des mécanismes de protection.
Le private equity permet d'investir dans des entreprises non cotées, via des tickets réduits. Autant de solutions inaccessibles seul, en particulier lorsque les montants à investir sont faibles. Des avantages qui justifient donc de payer plus de frais.
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Les frais acceptables sont les frais utiles. Les autres sont de mauvais frais car ils n'apportent aucun avantage. Le niveau des frais est important mais clé est leur justification. Éliminez les frais qui ne correspondent à aucun service, la performance de vos placements s'améliorera instantanément.
Marc Fiorentino