« Les voyants sont au rouge, n'ayons pas peur des mots, expose Arnaud Robinet, président de la Fédération hospitalière de France (FHF). Les établissements de santé vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. » En cinq ans, le déficit des hôpitaux a été multiplié par six, pour atteindre 2,8 milliards d'euros en 2024. C'est 1 milliard de déficit supplémentaire depuis 2023. Au total, 4 établissements sur 10 ne peuvent pas rembourser leurs dettes et investir.
La situation est encore plus grave du côté du médicosocial, où 90 % des structures sont en déficit. En cause : une hausse des salaires des soignants, décidée après la pandémie de Covid et non financée par l'exécutif, qui doit désormais être amortie par les hôpitaux. Depuis, l'inflation et les conséquences encore visibles des déprogrammations d'opérations pendant la pandémie sont venues alourdir les finances.
« Les hôpitaux risquent de réduire leurs investissements et de freiner le recrutement de ressources humaines, ce qui peut entraîner la fermeture de nouveaux lits, complète le président de la FHF. Si l'on ajoute la hausse des cotisations retraite que doivent désormais payer les établissements, on fonce à toute allure vers un mur d'insolvabilité à moyen terme. »
Pourtant, la situation commençait seulement à s'améliorer depuis la pandémie, avec 37 % d'hôpitaux qui se sont déclarés « en tension » en 2024, arme la FHF, soit une quarantaine de moins que l'année précédente. Ils sont également une cinquantaine d'hôpitaux en moins à avoir déclenché des plans blancs, ce dispositif d'urgence permettant de regrouper tous les moyens de l'hôpital autour d'une urgence sanitaire exceptionnelle.