« Make Europe great again »
Marc Fiorentino

Photo d'illustration
LTD/Fabien Clairefond
Marc Fiorentino

Photo d'illustration
LTD/Fabien Clairefond
Le message de Donald Trump cette semaine sur l'Union européenne a le mérite d'être clair. La bienséance m'empêche de le retranscrire fidèlement ici, mais vous avez déjà dû le lire ou l'entendre. Il a donc désigné son ennemi principal. Ce n'est pas la Chine, surtout pas la Russie. Non. Son ennemi, c'est l'Union européenne.
Cibles des attaques quotidiennes de son administration, et notamment de son vice-président, J.D. Vance, deux axes principaux. Le « modèle » de l'UE, modèle social et modèle réglementaire. Mais aussi le modèle économique : Trump n'accepte pas l'idée que l'UE affiche toujours un surplus commercial majeur avec les États-Unis.
Il a donc, une fois de plus, menacé l'Union des foudres des droits de douane. Sa dernière proposition : 25 % sur les importations de produits européens. Sauf si l'UE accepte son deal, qui consisterait à acheter davantage de produits américains, notamment dans l'énergie mais aussi dans la défense. Et à abandonner toutes les poursuites contre les géants américains de la tech. « Une offre que l'Europe ne pourra pas refuser »...
Quel impact cet affrontement aura-t‑il sur vos placements ? Commençons par le bon côté de cet acharnement. Si l'Union européenne dérange autant Donald Trump, c'est qu'elle n'est finalement pas aussi faible qu'il le dit et que nous avons nous-mêmes fini par le croire. Les vingt-sept pays de l'Union européenne, dont vingt dans la zone euro, représentent un marché de 450 millions de consommateurs solvables. Solvables du fait d'un fort niveau d'épargne et d'un faible niveau d'endettement.
L'Union européenne, c'est aussi un excédent commercial de 150 milliards d'euros en 2024 et une balance des paiements courants qui sera excédentaire de près de 600 milliards de dollars. Un PIB global qui nous met dans le trio de tête mondial. Des taux d'intérêt nettement moins élevés que les taux américains. Et un euro stable et protecteur.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

Les investisseurs ont d'ailleurs plébiscité le come-back des actions européennes depuis quelques mois aux dépens des indices boursiers américains, certes très en avance. Avec des Bourses aux performances de plus de 10 % en 2025, l'Europe est redevenue à la mode.
Le secteur de la défense a même pris l'avantage sur celui du luxe, autre domaine de puissance de l'Europe. Et les grands stratégistes, même ceux des gérants américains, continuent à surpondérer l'Europe dans leur allocation. La victoire du centre droit en Allemagne a accéléré le mouvement. Les perspectives de relèvement du plafond de la dette allemande sont un facteur de stimulation.
À lire également
Plus Donald Trump s'attaque à l'Europe, et plus il la rend « great again ». L'Union européenne est une puissance économique majeure. Elle a l'occasion de pivoter. Vers un modèle tourné vers la croissance, le point faible, plutôt que vers la réglementation. Jouer la carte de l'Europe dans vos placements, à travers des fonds d'actions ou d'obligations, peut être un des paris gagnants de 2025. Grâce à Donald Trump...
Marc Fiorentino