La chronique de Marc Fiorentino. Nous avons donc un budget
Marc Fiorentino

Découvrez la nouvelle chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
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Le budget 2025 a, enfin, été adopté. Et c'est une bonne nouvelle. Une bonne nouvelle après des mois d'incertitude politique qui ont mis l'économie française totalement à l'arrêt. Les ménages ne consomment plus, ils épargnent. Les entreprises ont réduit drastiquement leurs investissements. Et les investisseurs étrangers préfèrent pour l'instant éviter la France.
L'adoption du budget va-t-elle permettre le redémarrage de l'économie? Non. Car il est - ce n'est pas moi qui le dis mais François Bayrou - « imparfait ». Imparfait parce qu'il illustre la bonne vieille méthode de gestion française qui consiste à augmenter les impôts sans réduire réellement les dépenses, ni engager de réformes structurelles.
Entreprises, grandes ou petites, et ménages, riches ou pas, sont de nouveau mis à contribution. De la taxe sur les grandes entreprises à l'impôt minimum sur les hauts revenus en passant par des relèvements d'impôts de toute sorte. Il faut donc que tout change pour que rien ne change...
Mais les marchés financiers ont préféré saluer l'adoption du budget. Et la bonne nouvelle pour votre argent est que les taux d'emprunt de la France ont glissé: le taux de référence, le taux d'emprunt d'État à dix ans retournent doucement vers les 3 %, après avoir frôlé les 3,5 % il y a peu.
Cela va permettre de redynamiser un peu le marché de l'immobilier. Et de relancer un peu les placements immobiliers. On perçoit déjà un regain d'intérêt des épargnants pour la pierre papier après des mois de baisse ininterrompue. Cela permettra également de booster les performances des fonds obligataires qui ont attiré des milliards d'euros d'épargne en 2023 et 2024, et continuera à intéresser les épargnants en quête de placements sécuritaires.
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Le CAC 40 devrait aussi en profiter pour rattraper une partie du retard accumulé en 2024, année pendant laquelle le CAC a été la lanterne rouge des indices boursiers de pays développés. Janvier a vu le CAC progresser d'environ 8 %, et c'est une bonne nouvelle aussi. Rappelons que les indices européens ont très largement sous-performé les indices américains, que le CAC a très largement sous-performé ces indices, et que les valeurs moyennes ont elles-mêmes très largement sous-performé le CAC 40. Un cercle vicieux qui pourrait, je l'espère, être brisé en 2025.
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Nous avons donc un budget, imparfait, et votre allocation d'actifs doit en tenir compte. C'est le signal pour remettre, à dose homéopathique, des valeurs françaises et des valeurs moyennes françaises dans vos portefeuilles. Pour inclure aussi, lentement, progressivement, un peu de pierre papier dans vos placements. Tout en privilégiant encore et toujours, largement, les placements de taux, car la Banque centrale européenne va finir, enfin, par comprendre qu'il faut baisser vite, très vite, les taux d'intérêt en zone euro pour éviter la déflation. La prudence reste donc de mise, mais la partie « à risque » de votre patrimoine peut être, progressivement, renforcée. Il faudra cependant continuer à piloter à vue.
Marc Fiorentino