Thierry Déau est probablement l'un des rares Européens à être revenus (relativement) optimistes de Davos. L'édition 2025 du très couru Forum économique mondial a en effet mis en lumière le décrochage de l'Union européenne face à des États-Unis surpuissants, et leur tout nouveau président assénant ses volontés en vidéo devant un parterre pétrifié. Un épisode évité par le patron de Meridiam, qui a préféré se concentrer sur ses multiples participations à des tables rondes et ses échanges avec des dirigeants, dont la présidente réélue de la Commission, Ursula von der Leyen.
À 55 ans, le patron et fondateur du fonds d'investissement Meridiam, qui fête ses 20 ans cette année, privilégie une lucidité constructive : « Tout le monde avait anticipé le retour de Donald Trump. Face à lui, nous devons continuer à innover. Et à financer l'innovation de façon plus importante qu'aujourd'hui. Pour y parvenir, nous avons besoin d'un marché européen des capitaux. Depuis le temps qu'on en parle, il faut avancer concrètement et rapidement. »
Pour sa part, le rythme des investissements ne ralentit pas. Au contraire. Spécialisé dans le financement des projets de long terme, sur une échelle minimale de vingt-cinq ans, son fonds labellisé B-Corp - pour « Benefit for all », un label qui distingue les entreprises engagées dans une démarche sociale et environnementale - gère 22 milliards de dollars d'actifs et engrange des contrats d'envergure.
Parmi les plus récents, un projet de plus de 1 milliard d'euros dans l'éolien en Égypte. Une centrale répartie sur deux sites est en cours de construction depuis quelques semaines dans une zone désertique le long du golfe de Suez, pour une capacité totale de 1,1 gigawatt, soit l'équivalent de tout le parc éolien offshore français.
Marie-Pierre Gröndahl et Dominique Pialot