Accord de Paris : Bloomberg sort encore le chéquier pour compenser le retrait des États-Unis
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Aujourd'hui envoyé spécial des Nations unies sur le climat, Michael Bloomberg a notamment été maire de New York (photo d'archive).
Brian Snyder
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Aujourd'hui envoyé spécial des Nations unies sur le climat, Michael Bloomberg a notamment été maire de New York (photo d'archive).
Brian Snyder
Le milliardaire Michael Bloomberg va de nouveau prendre le relais de son pays sur la question du financement du climat. L'homme d'affaires philanthrope et ancien maire de New York, désormais envoyé spécial des Nations unies sur le climat, a annoncé ce jeudi qu'il allait pallier l'arrêt des contributions américaines à l'accord de Paris. Cette décision a été prise par Donald Trump à la suite de son retour à la Maison Blanche lundi.
L'association « Bloomberg Philanthropies et d'autres bailleurs de fonds américains pour le climat veilleront à ce que les États-Unis respectent leurs obligations mondiales en matière de climat à la suite de l'intention du gouvernement fédéral de se retirer de l'accord de Paris pour la deuxième fois », a assuré Michael Bloomberg dans un communiqué.
L'homme d'affaires ne précise pas quelle somme il déboursera dans ce cadre. Mais on sait que les États-Unis contribuent à plus de 20% du budget de la Conférence cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Et que ses coûts de fonctionnement ont été évalués à 88,4 millions d'euros pour les années 2024 et 2025. C'est cette organisation, basée à Bonn en Allemagne, qui organise notamment chaque année les conférences de négociations climatiques (les fameuses « COP »).
« Même si le financement gouvernemental reste essentiel à notre mission, des contributions comme celle-ci sont vitales pour permettre au secrétariat de l'ONU sur le changement climatique d'aider les pays à respecter leurs engagements dans le cadre de l'accord de Paris », a salué le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell.
Ce n'est pas la première fois que Michael Bloomberg sort le chéquier à ce sujet. Déjà lors du premier mandat de Donald Trump (2016-2020), il avait promis d'apporter 15 millions de dollars (13,4 millions d'euros) pour soutenir les efforts des Nations unies contre le changement climatique. Le président républicain s'était déjà à l'époque retiré de l'accord de Paris, avant que Joe Biden ne le réintègre.
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Pour rappel, ce traité a été signé en 2015, lors de la COP21, avec l'objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de près de moitié d'ici à 2030 pour ne pas dépasser 1,5°C de réchauffement climatique. La quasi-totalité des pays du monde l'ont ratifié et, en retirant son pays, Donald Trump le fait rejoindre un club très fermé ne rassemblant encore que l'Iran, la Libye et le Yémen. Comme cette sortie ne sera effective qu'au bout d'un an, les États-Unis devraient néanmoins participer à la COP30 de Belem, au Brésil, en novembre prochain.
« Il n'y a pas le moindre doute que (le retrait des États-Unis) aura un impact significatif sur la préparation de la COP et la manière dont nous allons devoir gérer le fait qu'un pays aussi important sorte de ce processus », a regretté le président de la COP30, le diplomate André Correa do Lago. Or, il y a urgence : le monde a dépassé un réchauffement de 1,5°C en moyenne sur les deux années 2023-2024, par rapport à la période préindustrielle (1850-1900).
Malgré les doutes et inquiétudes que suscite cette sortie américaine, de nombreux pays restent engagés dans l'Accord de Paris. « C'est un pacte qui dépasse les États-Unis », assure Frances Colon, du Center for American Progress, un centre de réflexion proche des démocrates américains.
Et nombre d'entre eux veulent se positionner comme leader mondial sur le sujet du climat. À commencer par l'Union européenne. « L'accord de Paris reste le meilleur espoir de l'humanité. L'Europe maintiendra donc le cap et continuera à travailler avec toutes les nations qui veulent protéger la nature et stopper le réchauffement climatique », a fait savoir mardi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Lors du premier mandat de Donald Trump, l'UE et la Chine avaient lancé un dialogue sur le climat avec le Canada, en attendant le retour des Américains dans l'accord. Il faudra un effort similaire, dans la période mouvementée qui s'annonce, estime Alex Scott, du groupe de réflexion italien sur le climat ECCO. « L'UE et la Chine pourraient collaborer pour fournir ce pilier géopolitique », a-t-elle indiqué à l'AFP. Mais l'UE est aux prises avec d'importantes difficultés budgétaires et des revirements politiques en faveur de partis plutôt hostiles aux éoliennes ou aux véhicules électriques. Tandis que Pékin est dans un conflit commercial avec Bruxelles à cause de sa taxe carbone sur les importations.
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Le Brésil est aussi l'un de ces pays qui se veulent leaders sur le climat. Son président, Luiz Inacio Lula da Silva, bien qu'en faveur du développement de l'exploration pétrolière, se positionne comme porte-drapeau mondial de l'environnement. Depuis son entrée en fonction, la déforestation en Amazonie a chuté par exemple. L'Inde se manifeste également : son Premier ministre, Narendra Modi, vante le « leadership » de son pays sur le solaire et l'éolien. Et au Royaume-Uni, où le ministre de l'Énergie Ed Miliband veut « faire un nouveau leader sur le climat », jamais l'électricité n'avait été aussi bas carbone qu'en 2024. De là à faire oublier l'absence des États-Unis, la marche est encore haute.
(Avec AFP)
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