La sanction de 50 % de droits de douane infligés à l'Union européenne, annoncée le 23 mai par Donald Trump, repose en partie pour le président des États-Unis sur « les poursuites injustifiées et injustes contre des entreprises américaines ». Une opinion partagée plus ou moins discrètement par de nombreux patrons américains, aux prises avec les réglementations en vigueur de ce côté-ci de l'Atlantique.
Parmi les plus remontés figure sans conteste Glenn Fogel, 63 ans. Le PDG de Booking Holdings, propriétaire du géant mondial Booking.com, sa filiale installée à Amsterdam qui réalise plus de 80 % du chiffre d'affaires du groupe, proteste publiquement depuis plusieurs années contre diverses dispositions prises par les Vingt-Sept.
Cet ancien banquier d'affaires dirige depuis 2017 la plus grande OTA (pour Online Travel Agency, agence de voyages en ligne) du monde. Avec une capitalisation boursière de 173 milliards de dollars, contre 20 milliards pour celle de son concurrent direct Expedia et 70 milliards pour le numéro un planétaire de l'hôtellerie, Marriott, Booking Holdings est un géant de la tech et du voyage.
En 2023, plus d'un milliard de nuitées d'hôtels ont été réservées sur son site, qui a engrangé le mois dernier 425 millions de visiteurs uniques (12 % d'Américains, 8,6 % d'Allemands, ou encore 6 % de Français). « Je suis entré dans le groupe en 2000, quand l'action valait 6 dollars », rappelle Glenn Fogel. Elle en vaut 5 300 aujourd'hui. L'entreprise ne cesse de se développer, particulièrement en Europe, qui représente la moitié de son activité : l'an dernier, son chiffre d'affaires a grimpé de 11 %, à 23,7 milliards de dollars, pour un résultat net de 5,9 milliards (+37 %).