« Il faut recoudre un tissu politique déchiré » (Jean-Louis Bourlanges)
Propos recueillis par Caroline Vigoureux
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LTD/Institut Jacques Delors
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LA TRIBUNE DIMANCHE - Qu'avez-vous pensé de l'allocution jeudi d'Emmanuel Macron, qui rejette la faute sur les autres ?
JEAN-LOUIS BOURLANGES - Emmanuel Macron a manifestement un peu de mal à reconnaître une bévue stratégique indiscutable. Il a en revanche laissé entendre, à juste titre, qu'il n'avait commis ni faute d'ordre moral ni manquement à ses obligations institutionnelles qui justifierait sa démission, voire sa destitution. Il est paradoxal de lui reprocher en permanence son jupitérisme et de lui faire grief d'avoir consulté le peuple. La grande leçon et le vrai drame de la dissolution, c'est qu'elle a mis en lumière l'ampleur et la gravité de la division des Français quant à leurs orientations futures. Plutôt que de faire du président le bouc émissaire de nos discordes et de nous perdre dans les jeux politiciens, il faut aller au fond des choses et chercher les moyens de recoudre un tissu politique déchiré. Depuis juillet, nous contournons l'obstacle au lieu de l'affronter.
François Bayrou, que vous connaissez très bien, peut-il être l'homme de la situation pour Matignon ?
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François Bayrou a été sept années durant empêché de donner la pleine mesure de ses talents par le caractère interminable d'une procédure judiciaire qui lui barrait la route des grands emplois. Il en est sorti le front haut. Je serais heureux sur un plan personnel de le voir enfin exercer une haute responsabilité comme celle de Premier ministre. Mais à ma connaissance, rien n'est fait. Il reste que la crise que nous traversons n'est nullement liée à la personne du Premier ministre. Ce n'est pas Michel Barnier qui a été sanctionné, mais l'étroitesse et les divisions de sa base politique. L'enjeu des trois prochaines années est pleinement politique : c'est la marginalisation de LFI et la mise en échec du RN. François Bayrou, par son expérience, sa liberté, ses qualités d'écoute et son positionnement politique, serait très bien placé pour tenter d'élargir un bloc central qui a vocation à réunir tous ceux qui refusent les choix du RN et de LFI.
Propos recueillis par Caroline Vigoureux
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