OPINION. « En Syrie, Israël joue avec le feu », par Michel Duclos, ancien ambassadeur en Syrie
Par Michel Duclos
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Michel Duclos était ambassadeur pour la France en Syrie de 2006 à 2009.
LTD/L'Observatoire
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Michel Duclos était ambassadeur pour la France en Syrie de 2006 à 2009.
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Il n'a pas fallu plus de quarante-huit heures aux forces de Hayat Tahrir al-Cham (HTC) pour prendre Alep, la grande ville du nord de la Syrie. L'armée d'Assad s'est débandée dès les premiers coups de feu. Les Turcs, parrains de HTC, en ont été les premiers surpris. Ensuite, les hommes de Joulani - le chef d'HTC - sont descendus en quelques jours vers Hama, puis vers Homs et enfin Damas, sans rencontrer là non plus de véritable résistance. Des bombardements de l'aviation russe et syrienne n'ont pas suffi à arrêter l'offensive.
La clé de ces événements stupéfiants ne fait pas de doute : le régime d'Assad était déliquescent, il ne tenait que par la protection de ses tuteurs extérieurs. Or, parmi ceux-ci, le Hezbollah avait été décimé par Israël, et les positions de l'Iran en Syrie avaient subi des bombardements israéliens massifs depuis des mois. Quant à la Russie, elle avait baissé sa garde, tout simplement parce qu'elle était occupée en Ukraine. La chute d'Assad apparaît donc comme une conséquence de la riposte d'Israël à l'agression du 7 octobre 2023 ; cette riposte a entraîné de proche en proche, avec l'affaiblissement majeur de l'Iran, la création d'une nouvelle carte géopolitique du Proche-Orient.
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La distraction de la Russie a fait le reste. Fous de bonheur d'être débarrassés de la dynastie sanguinaire des Assad, les Syriens savent cependant que des lendemains difficiles les attendent. Les factions rebelles, alliées pour prendre Damas, n'en restent pas moins divisées. Le territoire demeure morcelé, avec notamment la zone kurde échappant au pouvoir central et des franges du territoire au nord contrôlées par la Turquie - qui d'ailleurs a pris deux villes syriennes supplémentaires à la faveur de la transition à Damas. Joulani a repris son nom initial, celui d'Ahmed Al-Sharaa. Son personnage interroge. Sans renier son orientation islamiste, il a adressé des signaux clairs de sa volonté de respecter les minorités religieuses ; il donne des gages divers.
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