OPINION. « Le sport français a besoin d’un cap clair et ambitieux », par Cédric Gosse, candidat à la présidence du Comité national olympique et sportif français (CNOFS)
Cédric Gosse
Cédric Gosse propose d'investir dans la prévention par le sport plutôt que de payer les conséquences de l'inactivité.
Président de la Fédération française de triathlon, Cédric Gosse explique pourquoi il se présente à l’élection du mouvement olympique français. L’actuel président, David Lappartient, a renoncé à se représenter.
Les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 sont derrière nous. L'émotion a été immense, le spectacle magnifique, la ferveur populaire exceptionnelle. Mais aujourd'hui, une question centrale demeure : et maintenant ? Que va-t-on faire de cet héritage ? Comment faire en sorte que l'extraordinaire engouement collectif de 2024 ne s'éteigne pas, que l'enthousiasme des Français pour le sport se traduise par des politiques ambitieuses, par un soutien renforcé aux clubs, aux fédérations, aux athlètes, par une vision moderne du sport français ?
Car la réalité est là : malgré le succès des Jeux, le sport français reste fragile. Trop de clubs peinent à survivre, trop de fédérations manquent de moyens, trop d'enfants ne pratiquent pas assez d'activité physique, trop de territoires sont délaissés. Nous devons agir, et vite. Et surtout, nous devons nous tourner vers l'avenir. Dans cinq ans, la France organisera de nouveau des Jeux, avec les Jeux Olympiques et Paralympiques d'hiver des Alpes en 2030.
Ce sera une nouvelle opportunité exceptionnelle pour le sport français, mais aussi un défi colossal. Avons-nous aujourd'hui un cap clair pour en maximiser les retombées ? Ces Jeux devront être un modèle d'innovation, de durabilité et de rayonnement international. C'est maintenant que nous devons préparer cet horizon. C'est dans cet esprit que je présente ma candidature à la présidence du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF). Avec une conviction forte : le sport mérite d'être un enjeu majeur pour notre pays. Un enjeu économique, social et éducatif.
Un moteur économique sous-exploité : le sport, c'est plus de 2,6% du PIB français, des centaines de milliers d'emplois, une industrie en pleine mutation. Pourtant, il n'est pas considéré comme un secteur stratégique. Nous devons encourager l'investissement, soutenir les start-ups sportives, renforcer les liens entre le sport et les entreprises.
Nous avons une opportunité historique de faire du sport un pilier de notre société.
Un remède à la crise sanitaire et sociale : nous avons une jeunesse de plus en plus sédentaire, une explosion des maladies chroniques liées au manque d'activité physique. Plutôt que de payer les conséquences de l'inactivité, investissons dans la prévention par le sport.
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Un vecteur d'inclusion et de cohésion : le sport est un formidable outil d'émancipation, un moyen de lutter contre les inégalités sociales et territoriales. Nous devons garantir un accès facilité au sport pour toutes et tous, en milieu scolaire, en entreprise, dans nos quartiers. Pour toutes ces raisons, nous avons besoin d'un CNOSF fort, utile et moderne qui doit jouer un rôle central pour impulser cette dynamique. Mais pour cela, il doit évoluer. Il ne peut plus être un simple organe de représentation, il doit devenir un véritable moteur du changement.
Un CNOSF fort, qui défend les intérêts du sport français avec vigueur auprès des pouvoirs publics, qui fait entendre sa voix dans les débats économiques et sociétaux, qui pèse réellement sur les décisions politiques. Un CNOSF utile, qui accompagne concrètement les fédérations, les clubs, les collectivités, qui favorise la mutualisation des ressources et la formation des dirigeants. Un CNOSF moderne, capable d'anticiper les évolutions du sport et de la société, d'innover dans ses modèles économiques, de promouvoir une pratique plus inclusive et durable.
Nous avons une opportunité historique de faire du sport un pilier de notre société. Ne la laissons pas passer. Je suis candidat à la présidence du CNOSF avec humilité mais avec détermination. Fort de mon expérience de terrain, convaincu que c'est ensemble - fédérations, clubs, acteurs économiques, collectivités - que nous pouvons donner au sport français l'élan qu'il mérite. L'heure n'est plus aux constats, elle est à l'action. Ensemble, écrivons la suite de l'histoire du sport français et faisons des Jeux d'hiver des Alpes 2030 un nouveau tremplin pour notre pays