Nous ne sommes pas opposés à l'intervention de l'État, mais aujourd'hui nous l'appelons surtout à travailler sur le modèle économique de l'entreprise. Pour sauver la production d'acier en France, il faut être capable de vendre un acier à un prix compétitif. Or la nationalisation ne nous le garantit pas. Elle ne nous garantit pas non plus le maintien des emplois. Enfin, elle implique des investissements massifs, qui se chiffrent en milliards d'euros que l'État ne possède pas.
Il faut travailler avec les salariés du groupe sur les perspectives d'avenir d'ArcelorMittal en France. Et pour ce faire, il est urgent de stopper les impératifs de décarbonation. C'est pourquoi, nous demandons un moratoire sur les exigences de décarbonation de l'acier.
Une transition écologique difficilement tenable sans casse sociale
Chez Force ouvrière, nous ne sommes pas contre l'écologie, mais nous sommes réalistes, et nous ne croyons pas, aujourd'hui, qu'une transition écologique puisse se faire sans casse sociale dans les hauts fourneaux. La France produit à peine 8 millions de tonnes d'acier par an sur une capacité mondiale de 2 milliards de tonnes annuelles. À être plus royalistes que le roi, on s'impose des exigences écologiques très élevées, pour un effet inexistant sur le climat !
En revanche, potentiellement, nous estimons que 1 500 postes des hauts fourneaux sont susceptibles de disparaître. Sans compter que nous mettons en péril notre souveraineté industrielle, notre capacité à produire de l'acier, notamment pour notre industrie de défense. Aujourd'hui, il faut aller bien au-delà des bonnes intentions concernant les mesures d'investissement.
Par Valentin Rodriguez, secrétaire général de la fédération Force ouvrière de la métallurgie