Acier vert : cette nouvelle étude qui tire le signal d'alarme

Pierrick Merlet
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La production d'acier décarboné ne se déploie pas assez rapidement selon un rapport du GEM.
FRANCOIS LENOIR

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La production d'acier décarboné ne se déploie pas assez rapidement selon un rapport du GEM.
FRANCOIS LENOIR
Mis sous pression par les pouvoirs publics français d'enclencher la décarbonation de ses hauts-fourneaux de Dunkerque (Nord) et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) après l'annonce d'un plan social en France, ArcelorMittal a réagi à l'opposé des attentes. Le sidérurgiste mondial a revu à la baisse ses intentions. De deux fours électriques et un système de DRP (réduction directe de fer) à Dunkerque, contre 1,8 milliard d'euros, l'industriel envisage désormais un investissement de seulement 1,2 milliard d'euros et pour un seul four électrique.
Bien que dans l'œil du cyclone pour le moment, ArcelorMittal n'est pas le seul à freiner la décarbonation de son activité sidérurgique dans le monde, à en croire une toute nouvelle étude du Global Energy Monitor (Gem), une organisation de recherche indépendante et américaine, spécialisée dans le suivi des infrastructures liées à l'énergie à l'échelle mondiale. L'organisation pointe particulièrement le déploiement trop lent de ces technologies et pire un prolongement conséquent de la durée de vie des hauts-fourneaux actuels.
Selon les données compilées par les coauteurs de l'étude, la production d'acier dite décarbonée, à partir de fours électriques, ne va atteindre que 32 % en 2025 et ne dépassera pas les 36 % en 2030, selon ses prévisions. « La capacité des fours à arc électrique (EAF) a augmenté de 11 % depuis 2020 et devrait croître encore de 24 % d'ici à 2030. Cependant, cette croissance est encore insuffisante pour atteindre les objectifs de décarbonation », est-il écrit dans le rapport d'environ 60 pages.
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Dans ces équipements, des électrodes génèrent un arc électrique qui produit de la chaleur et fait fondre le métal, ce qui réduit fortement les émissions de CO2 par rapport à l'utilisation du charbon fossile dans les hauts-fourneaux. Malgré cet avantage, la prévision de 36 % du GEM est un signal d'alarme. Ce chiffre se situe en dessous de l'objectif de 37 % calculé par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) pour parvenir à contenir le changement climatique d'ici à 2050. Cette différence d'un point représenterait des dizaines de millions de tonnes de CO2...
Pierrick Merlet