Le politicien appelle à un véritable « grand acte de décentralisation ». À l’État les missions régaliennes, aux collectivités le reste : une réorganisation claire, des responsabilités mieux définies et de réels moyens pour bâtir une République plus vivante et plus proche.Quelques jours après sa nomination, le nouveau Premier ministre a annoncé son intention de proposer un « grand acte de décentralisation ». Les collectivités, et en particulier les Régions, sont prêtes. Ensemble, au sein de Régions de France et quelles que soient nos sensibilités, nous avons aussitôt fait connaître notre disponibilité pour participer aux consultations annoncées. Mais avant tout, entendons-nous sur les principes qui doivent guider ce « grand acte ».
D'abord, en finir avec les formules toutes faites. La critique du « millefeuille territorial » ne saurait constituer une solution. Comme le rappelait Boris Ravignon dans son rapport, « la France n'a pas une catégorie de collectivités à supprimer, une strate d'élus à liquider pour que tout s'arrange ». Le problème n'est pas le nombre de strates, comparable à celui de nos voisins européens. Le vrai problème, c'est l'État qui double sans cesse l'action des collectivités, avec une administration parallèle qui brouille les responsabilités et entretient l'impuissance publique.
Un chiffre résume l'enjeu : dans sa dernière maquette budgétaire, le gouvernement évaluait à 5,3 milliards d'euros l'effort demandé aux collectivités. Or, dans son rapport, Boris Ravignon identifiait 7,5 milliards d'économies possibles grâce à une clarification de l'organisation entre l'État et les territoires. De grâce, ne dégradons pas le service public local, alors que nous avons une occasion unique de simplifier la vie de nos concitoyens tout en réduisant les charges collectives.
Par Franck Leroy, président de la Région Grand-Est