LA TRIBUNE DIMANCHE — Le Costa Rica était co-organisateur de la conférence des Nations unies pour l'océan, qui s'est tenue à Nice et qui s'est clôturée ce vendredi. Votre pays est devenu la première destination écotouristique au monde. Comment avez-vous développé cette stratégie environnementale ?
RODRIGO CHAVES ROBLES — On a trop longtemps prétendu qu'il fallait soit produire du développement économique, soit protéger l'environnement. Or on peut faire les deux. Le Costa Rica a montré au monde, par exemple, que la déforestation tropicale peut être non seulement stoppée, mais aussi inversée. Nous étions à 27 % de couverture forestière, nous en sommes maintenant à plus de 57 %. Et notre croissance est très rapide, nous créons des produits à haute valeur ajoutée qui ne nécessitent pas de déforestation. D'ailleurs, l'agriculture est neutre en carbone. Combien de pays européens peuvent en dire autant ? Et maintenant, nous abordons la prochaine frontière : l'océan. Le Costa Rica protège déjà 30 % de ses eaux territoriales, soit plus de un demi-million de kilomètres carrés.
La ratification du traité BBNJ sur la haute mer, qui aurait dû être actée avant l'Unoc 3, le sera après, probablement à l'automne, plusieurs pays s'y sont engagés à Nice. Est-ce une véritable victoire ou une demi‑victoire ?
Vous savez que la signature de 60 pays est requise pour que le traité devienne un traité. Cette discussion aboutira probablement lors de l'Assemblée générale des Nations unies en septembre. Les progrès réalisés ici ont été significatifs et précieux. Il s'agit d'une étape majeure vers la protection de notre bien commun, de notre ressource commune, l'océan. Et je suis très optimiste car les répercussions, l'écho dans le monde ont été très forts.