Quand elle décroche son téléphone, cet après-midi de juillet, Rachel Keke vient d'arriver en Bretagne. L'ex-députée insoumise passe quelques jours dans l'Ouest pour échanger avec des agriculteurs. « Ils n'arrivent pas à payer leurs taxes, expose-t-elle. Je veux rendre visible leur souffrance. » Une manière d'occuper le terrain du Rassemblement national, qui aime se positionner en premier soutien du monde rural ? « L'extrême droite ne vient pas les voir, coupe Rachel Keke. Ils me sollicitent parce que je connais le monde du travail. »
Depuis l'été dernier et sa défaite à l'élection législative de la 7e circonscription du Val-de-Marne, l'ancienne femme de chambre - entrée en politique après avoir mené la grève de l'hôtel Ibis-Batignolles, en 2019, à Paris - enchaîne les déplacements et les conférences. Au mois de juin, elle a ainsi rencontré des militants LFI de l'étranger à Berlin, présenté en Belgique le film qui retrace son combat syndical et organisé une réunion publique chez elle, à Chevilly-Larue (Val-de-Marne), avec ses anciens collègues Manuel Bompard et Farida Amrani. « Je veux continuer la lutte sur le terrain », assure-t-elle.
Au soir du 9 juin 2024, Rachel Keke voit son mandat brusquement interrompu par la dissolution de l'Assemblée nationale. Cinq jours plus tôt, elle avait fait parler d'elle une dernière fois en brandissant un drapeau palestinien dans l'hémicycle pour protester contre la sanction infligée au député de Marseille Sébastien Delogu, auteur du même geste la semaine précédente. Candidate à sa propre succession, elle fait face à Vincent Jeanbrun (LR), maire de L'Haÿ-les-Roses, dans une campagne électorale très tendue. Lorsqu'il leur arrive de se croiser, les phrases vipérines chuchotées fusent, assurent-ils chacun de leur côté.