L’Ukraine s’invite au Salon de Le Pen
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Marine Le Pen au Salon de l’agriculture, samedi 1er mars 2025 à Paris.
LTD/BEHROUZ MEHRI/AFP
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Marine Le Pen au Salon de l’agriculture, samedi 1er mars 2025 à Paris.
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Interpellé par de jeunes agriculteurs qui le prennent manifestement pour un garde du corps, Grégoire de Fournas est un peu gêné. « Euh, je ne m'occupe pas de la sécurité... » L'ex-député du Médoc - qui s'était illustré à l'Assemblée en 2022 avec son « qu'ils retournent en Afrique ! » au sujet d'un bateau de migrants - est surtout l'expert attitré de Marine Le Pen sur les questions agricoles.
Hier, il accompagnait la cheffe du Rassemblement national au Salon de l'agriculture, où elle s'est rendue pour la matinée après dix jours d'absence de la scène politique. D'après l'un de ses amis, l'élue du Pas-de-Calais s'est autorisé une période de « repos mérité » quelque part en France avant la reprise, demain, de la session parlementaire.
Entre-temps, l'Histoire s'est accélérée. La crise ukrainienne a percuté le retour de Marine Le Pen, la mine bronzée et réjouie de l'afflux d'admirateurs parvenant à lui demander des selfies dans les travées du parc des expositions. Elle sait que les images de Donald Trump et J.D. Vance rudoyant Volodymyr Zelensky lors d'une rencontre bilatérale extrêmement tendue - et filmée - à la Maison-Blanche ont fait le tour du monde. Qu'en pense la principale dirigeante du RN ? Depuis le retour du président d'extrême droite et d'un agenda économique très hostile à l'Europe, ne suit-elle pas un chemin de crête à son égard, entre distance lucide et proximité idéologique ?
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La question est d'autant plus prégnante que, le 21 février, son poulain Jordan Bardella a annulé en catastrophe sa prise de parole prévue à Washington lors du CPAC, le raout annuel des conservateurs américains. Imprégné de la victoire intellectuelle du trumpisme, l'événement a été marqué par un geste de Steve Bannon - stratège du chef d'État républicain durant son premier mandat - ayant toutes les caractéristiques du salut nazi. Voyant vite monter la polémique sur les réseaux sociaux et les chaînes d'information continue, le président du RN a cogité avec la cheffe sur la voie à suivre. « Marine voulait qu'il se barre », rapporte l'un des conseillers de celle-ci.