Quelque 115 agriculteurs (représentant 17 300 hectares) participent au programme de PSE (paiement pour services écosystémiques), dont 58 % sont en bio, soit quatre fois plus qu’en 2015.
Depuis 2020, la régie parisienne rétribue les exploitants implantés sur ses aires d’alimentation de captage pour les aider à utiliser moins d’intrants, voire accompagner leur conversion au bio. À la clé, 77 % de pesticides en moins.
Architecte de formation, le fils de Jean-Michel Thierry a néanmoins accepté de reprendre l'exploitation agricole familiale située sur la commune de Lorrez-le-Bocage-Préaux, dans le sud de la Seine-et-Marne. À une condition : passer au bio. Un choix auquel son père n'était pas opposé, mais qu'il a pu concrétiser, comme deux de ses voisins, grâce à l'aide à la conversion apportée par Eau de Paris.
Son exploitation est en effet implantée dans la vallée du Lunain, l'une des aires d'alimentation de captage de l'eau distribuée aux Parisiens, qui s'étendent sur 240 000 hectares au sud-est de la capitale au-delà de Fontainebleau, Sens, et de Provins et à l'ouest, en Normandie.
450 euros par hectare pour accompagner la conversion au bio
La régie municipale d'approvisionnement et de distribution de la Ville de Paris verse aux exploitants implantés sur ses aires de captage de l'eau, et qui s'engagent à passer au bio, 450 euros par hectare, soit 150 euros de plus que les aides bio de la PAC. De quoi compenser la baisse de rendement liée à la conversion, « alors que les deux premières années, la conversion s'étalant sur trois ans, on continue de vendre au prix du conventionnel », souligne Jean-Michel.
Au-delà de l'appui financier, une technicienne de terrain accompagne les exploitants. Le cahier des charges et le programme sont élaborés sur mesure, en fonction du territoire et des cultures concernées, précise Anne-Sophie Leclere, directrice générale adjointe d'Eau de Paris. En l'espèce, des formations sur l'azote sont organisées, et des études menées pour développer une filière chanvre et une filière lentilles.
Jean-Michel cultive 209 hectares de luzerne, blé, avoine, orge, soja, lentilles, betteraves sucrières et herbes aromatiques, qu'il commercialise auprès de deux coopératives, un meunier, une sucrerie bio et le leader mondial des herbes aromatiques, Darégal, implanté dans le département voisin, en Essonne. Selon le type de cultures, « nous aidons à établir un lien entre les agriculteurs et des acheteurs afin de faciliter les débouchés», explique Anne-Sophie Leclere. C'est notamment le cas avec les cantines scolaires de Paris et sa métropole, réunies au sein de l'association AgriParis Seine, qui achètent une partie de la production bio.
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