C'était au siècle dernier. Michel Barnier était encore tout-puissant à Matignon. Lors des entretiens qu'il avait presque chaque semaine avec Emmanuel Macron, une habitude de langage du Premier ministre faisait tiquer son hôte : le chef du gouvernement appelait encore le parti présidentiel - Renaissance - du nom d'En marche, comme lors de sa création en 2016. Entre-temps, celui-ci avait pourtant été une première fois rebaptisé La République en marche, et à l'Assemblée, depuis juillet, ses députés siégeaient dans un groupe dénommé Ensemble pour la République (EPR)...
Donne enfin une identité claire à la formation lancée par Emmanuel Macron, ce sera une des premières missions de Gabriel Attal. Aujourd'hui l'ancien Premier ministre va en prendre la tête à l'occasion d'un conseil national qui se tiendra à Paris. Le sacre, au cours duquel il deviendra officiellement secrétaire général, se fera sans tambour ni trompette. La première messe à Notre-Dame à la même heure et le contexte politique feront passer cette prise de pouvoir au second plan. En février ou mars, un autre raout, bien plus important, sera organisé pour le mettre davantage en scène.
En attendant, dans le discours qu'il prononcera ce dimanche, Gabriel Attal célébrera l'unité de sa famille, alors qu'un temps Élisabeth Borne était sur les rangs pour le concurrencer, avant finalement de se rallier à lui. Il annoncera ses premiers chantiers : d'une part, le lancement d'états généraux militants, qui dureront un trimestre, inspirés de la grande marche de 2016, afin de dresser un état des lieux du parti et de son adéquation avec la société française d'aujourd'hui ; d'autre part, le début d'un travail de réflexion sur deux grands thèmes, un nouveau new deal économique et un nouveau contrat régalien... C'est peu dire que Gabriel Attal a du pain sur la planche. Huit ans après sa fondation, Renaissance est un astre mort. La formation présidentielle dénombre seulement 8 500 adhérents.