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ÉconomieFrance

Suppression d'un deuxième jour férié : Matignon ferme la porte à cette mesure

Photo de Marie Nidiau

Marie Nidiau

Publié le 05 novembre 2024 à 11:03 - Mis à jour le 05 novembre 2024 à 17:06

Le ministre de l'Economie Antoine Armand (à gauche) et Laurent Saint-Martin, ministre du Budget, à droite, se sont montré favorables à la suppression d'un deuxième jour férié.

Le ministre de l'Economie Antoine Armand (à gauche) et Laurent Saint-Martin, ministre du Budget, à droite, se sont montré favorables à la suppression d'un deuxième jour férié.

Reuters

Le Quotidien Numérique

27 juin 2026

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Le gouvernement planche sur la suppression d'un deuxième jour férié afin de renflouer les caisses de la Sécurité sociale de près de 3 milliards d'euros. Matignon s'est dit défavorable à une telle mesure qui toucherait tous les salariés, mais à l'impact très inégal.

[Mise à jour à 12h00]

Supprimer un deuxième jour férié pour réaliser autour de 3 milliards d'euros d'économies. C'est la mesure qui monte au sein des parlementaires, alors que le Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) est encore en premier lecture à l'Assemblée nationale jusqu'à ce mardi. « Je pense que tout ce qui permet à notre pays de montrer qu'on peut travailler davantage pour participer à l'effort de redressement va dans le bon sens », a affirmé Laurent Saint-Martin, le ministre du Budget la semaine dernière avant d'être plus tatillon ce matin sur RTL, laissant planer le doute sur sa position. Dernier en date à s'exprimer sur le sujet : le ministre de l'Economie, Antoine Armand, a confirmé qu'il s'agissait d'« une piste parmi d'autres » et se dit ouvert au débat dans une interview aux Echos parue ce week-end. 

Le premier ministre est quant à lui défavorable à une telle mesure. A Matignon, si l'on est d'accord sur l'augmentation de travail, on est en revanche fermé à l'augmentation des prélèvements sur les salariés. Des discours divergents avec, en ligne de fond, le questionnement sur l'équité de cette mesure.

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Une première journée dite « des solidarités » avait été mise en place en 2004 afin de financer des actions en faveur de l'autonomie des personnes âgées ou handicapées. Elle consiste en une journée de travail non rémunéré - souvent le lundi de Pentecôte - ou la suppression d'une journée de RTT. Et alors que la situation financière des Ehpad s'aggrave, avec environ 80% d'entre eux en déficit fin 2024, la sénatrice Chantal Deseyne a lancé un premier pavé dans la mare en abordant la question d'une deuxième journée des solidarités. Une mesure jugée « la plus pertinente » pour abonder les comptes de la sécurité sociale, mais aussi « la plus solidaire » étant donné que tous les salariés, sauf les mineurs, sont concernés.

Inégalités entre salariés

Mais cette initiative en apparence égalitaire pourrait en réalité creuser un peu plus les écarts. « Cela va retomber surtout sur les classes moyennes et populaires », anticipe la sénatrice écologiste Anne Souyris. Même son de cloche du côté de la CGT qui dénonce plusieurs inégalités.

D'abord, entre les salariés, car ces derniers peuvent se voir « offrir » la journée de solidarités par leurs employeurs, souvent par les grosses entreprises pouvant amortir le coût. Ce dernier représente 0,3% de la masse salariale reversée à l'Etat ce jour-là contre une journée de non-productivité pour l'entreprise. Autre inégalité, cette contribution est la même pour tout le monde, quel que soit le revenu. Or, un jour de travail non rémunéré n'a pas le même impact sur une mission courte des personnes en intérim que sur les classes aisées, affirme la CGT. Cette journée travaillée demande également un jour de garde supplémentaire pour les enfants, l'école restant fermée, mais aussi une dépense pour les transports.

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Afin d'apaiser les inquiétudes des syndicats, Laurent Saint-Martin a prôné de la souplesse sur le choix du jour férié travaillé et de l'organisation des entreprises.

Un argument qui ne saurait cacher le fait que cette mesure servirait surtout à ne pas en appliquer une autre. Antoine Armand a, en effet, dit vouloir « atténuer » la hausse prévue de cotisations sur les bas salaires prévues dans le budget 2025. Une proposition qui devait rapporter 4 milliards d'euros par an à l'Etat, mais qui inquiète le patronat à l'instar du Medef qui redoute la destruction de « centaines de milliers » d'emplois par manque de compétitivité des entreprises françaises si les charges augmentent sur elles. « On fait reposer les économies sur les salariés alors qu'il n'y a aucune raison que seuls ces derniers paient », tempête Anne Souyris.

D'autres pistes visant les salariés sont remontées dans les débats, comme l'alignement des jours non indemnisés par la Sécurité sociale lors des arrêts-maladie entre le secteur privé et le secteur public.

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La sénatrice écologiste souhaitait quant à elle une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG), un impôt qui finance une partie de la sécurité sociale et réparti selon le salaire, ou encore une taxation sur les donations. « Il faut faire une assiette plus large, avance-t-elle, car une nouvelle journée des solidarités n'est de toute façon pas suffisante en termes de recettes ».

Marie Nidiau

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