LA TRIBUNE DIMANCHE - Vous lancez aujourd'hui un appel à l'ensemble de la gauche à « organiser et construire un projet commun ». N'est-ce pas utopiste ?
LUCIE CASTETS - Nous voulons réunir le plus largement possible la société civile, des associations, les mouvements politiques qui se créent, les partis existants, mais aussi des élus locaux, des étudiants, des chefs d'entreprise, etc. Il faut donner au Nouveau Front populaire un nouvel élan et un espace. Nous souhaitons créer comme une maison commune aux citoyens et aux partis politiques. Notre objectif est de rassembler le plus largement possible, sans aucune exclusive, pour se remettre au travail. Notre appel est une déclaration d'amour au NFP ! Nous souhaitons continuer à alimenter notre projet en allant sur le terrain. En soulevant ce capot, nous allons faire venir des gens beaucoup plus largement que ceux déjà très politisés à gauche.
MARINE TONDELIER - Le NFP, on y contribue activement, on le porte, on l'aime, et ce sont les raisons pour lesquelles nous sommes très lucides sur ses forces mais aussi sur ses quelques faiblesses. Des personnes aimeraient pouvoir s'y engager mais ne trouvent pas forcément ni la porte d'entrée ni leur place. Pour des syndicalistes, des personnes issues de la société civile, des citoyens tout simplement, il y a parfois une envie de contribuer activement, mais le NFP n'offre pas aujourd'hui cette possibilité. Notre appel n'est pas une initiative concurrente du NFP mais vise à l'élargir, à le prolonger, à l'ancrer. Nous devons renforcer sa faculté à pouvoir gagner la prochaine élection présidentielle et à faire face à tous les défis qui ne manqueront pas de se poser à nous dans les semaines et mois qui viennent. La vie politique française est devenue tellement imprévisible qu'il va falloir être prêt tout le temps. Considérez que nous avons prévu que notre camp le soit !