La date n'a pas certainement pas été choisie par hasard. Alors que l'Assemblée nationale s'apprête ce jeudi à débattre dans l'hémicycle de la proposition de loi portée par le Nouveau Front populaire pour abroger les réformes des retraites (d'Emmanuel Macron de 2023 mais aussi de Marisol Touraine en 2014), la ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, a adressé aux syndicats et patronat un courrier. Objet de cette missive que La Tribune a pu consulter : « engager une reprise du dialogue sur le sujet des retraites ».
La ministre a notamment évoqué « des aménagements possibles » à cette réforme qui a suscité de nombreuses oppositions et qui reste encore aujourd'hui qualifiée d'injuste par les syndicats. « Il s'agit à la fois d'apporter des améliorations au fonctionnement de notre régime de retraites, de le rendre plus équitable, et de préserver son équilibre financier », écrit Astrid Panosyan-Bouvet, qui suggère d'organiser, dans les prochaines semaines, une « réunion multilatérale ».
La ministre ne propose donc pas une négociation au sens formel du terme, mais bien « une discussion », « une concertation », sans engagement juridique. La manœuvre consiste à montrer combien le gouvernement est attaché au dialogue social, et soucieux de désamorcer les oppositions. Dès son arrivée à Matignon, et lors de sa première intervention télévisuelle, Michel Barnier s'était dit prêt à échanger autour d'aménagements concernant la réforme des retraites.