ENTRETIEN — Élu en 2020, Michaël Delafosse, 47 ans, défend comme d’autres maires socialistes et écologistes une ligne sécuritaire très ferme dans sa ville de Montpellier. Son combat contre le narcotrafic lui vaut d’être personnellement visé par des menaces. Il a déposé plainte lundi 3 mars.Élu en 2020, Michaël Delafosse, 47 ans, défend comme d'autres maires socialistes et écologistes une ligne sécuritaire très ferme dans sa ville de Montpellier. Son combat contre le narcotrafic lui vaut d'être personnellement visé par des menaces. Il a déposé plainte lundi.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Depuis cinq ans, vous êtes accusé de dérive droitière par vos opposants. Pourquoi ?
MICHAËL DELAFOSSE —Je suis sidéré par cette accusation. Quand on est de gauche, on croit à la règle. Quand on met des lois, on lutte contre la loi du plus fort. L'insécurité touche les gens les plus fragiles. Le travailleur qui se lève tôt le matin et voit sa voiture brisée parce qu'on vole, des familles inquiètes parce que sur le chemin du collège une chaise s'est installée, un « chouffeur » propose de la drogue... La gauche disait parfois : « La sécurité, c'est pas moi, c'est l'État. » J'ai rompu avec cette forme de posture type Ponce Pilate. Je ne laisserai pas ce terrain à l'extrême droite, qui instrumentalise la détresse des victimes.
Faut-il y voir une droitisation de la pensée des maires socialistes et écologistes ?
Ceux qui jettent ces anathèmes sont des responsables qui ne sont pas souvent confrontés à la détresse des habitants des quartiers populaires. S'occuper de sécurité, c'est au contraire être très fidèle à la gauche. Les gens très aisés ont les moyens de leur propre sécurité. Ils l'organisent. Comment font les gens modestes, les familles, les personnes âgées, les retraités avec de petites pensions ? Moi, je veux combattre le narcotrafiquant qui impose sa loi dans le quartier, le harceleur qui veut imposer sa loi aux femmes. La gauche a eu plusieurs questionnements légitimes : faut-il ou pas armer la police ? Faut-il ou pas installer des caméras ? Aujourd'hui, des hommes et femmes se font tirer dessus parce qu'ils portent un uniforme. Donc ils doivent pouvoir se défendre et intervenir en tout lieu et en tout point. Je combattrai ceux qui souhaitent désarmer la police.
Propos recueillis par Cécile Chaigneau et Caroline Vigoureux