Pendant des années, elle ne le supportait pas. « Ce n'est pas ma droite », disait Rachida Dati de Bruno Retailleau, jugeant en privé le Vendéen trop réactionnaire. D'où son soutien intéressé à Laurent Wauquiez pour l'élection à la présidence des Républicains, en échange duquel le Rhônalpin s'est dit favorable à la révision de la loi électorale à Paris, Lyon et Marseille. Aux yeux de la sarkozyste, un suffrage direct dans la capitale serait le seul moyen de contourner la domination sociologique de la gauche. Sauf qu'elle a misé sur le mauvais cheval.
Le ministre de l'Intérieur, largement élu à la tête de LR, est très opposé au texte dit « PLM », récemment rejeté par la commission des lois du Sénat. Décidée à être la candidate de la droite et du centre aux prochaines municipales, Rachida Dati veut « traiter correctement » le nouveau chef de LR, « pas le menacer comme elle le fait avec d'autres », dixit une très proche. À date, aucun tête‑à-tête entre les deux poids lourds du gouvernement n'est prévu à l'agenda. Il leur reste peu de temps pour accorder leurs violons.