Dimanche 14 septembre, Olivier Faure rentre de la Fête de l'Huma avec une idée en tête. Emmanuel Macron s'apprête à faire un discours le 22 septembre à l'ONU pour affirmer que la France reconnaît l'État palestinien, et la gauche ne peut pas rester les bras croisés à écouter le président. Ces derniers jours, le premier secrétaire du PS a aussi eu une discussion qui l'a marqué avec deux maires, l'un de droite élu dans l'Essonne et l'autre de gauche dans sa circonscription de Seine-et-Marne.
Tous trois ont partagé l'idée que les maires de France doivent appuyer la déclaration d'Emmanuel Macron. Dimanche 14 septembre dans la soirée, le chef des socialistes écrit ces quelques mots sur X : « Le 22 septembre, quand la France reconnaîtra enfin l'État palestinien, faisons flotter le drapeau palestinien sur nos mairies. » Près de 1 million de vues et des milliers de réactions.
Même les Insoumis n'en reviennent pas. « Étonnante, la position d'Olivier Faure, écrit par texto la députée LFI Manon Aubry à un socialiste. Vous devenez plus radicaux que nous ! » Stupéfait, le réalisateur de la série La Fièvre et ancien socialiste, Éric Benzekri, se fend aussi d'un message sarcastique aux caciques du PS.
Mais l'affaire ne s'arrête pas là. Le journaliste franco-israélien Julien Bahloul, ancien porte-parole de l'armée israélienne, rappelle dans un tweet à Olivier Faure que « le 22 septembre est le soir du nouvel an juif, Roch Hachana ». « Tant que vous penserez que vous ne pouvez fêter le nouvel an juif et l'an 1 d'un État palestinien, vous ne sèmerez que la haine, le désespoir et la mort », lui répond l'intéressé. Tous les germes de la polémique sont là, un sujet abrasif et passionnel, un vecteur - X - qui n'a rien d'apaisant et, au milieu, une tonalité acérée dont le socialiste est pourtant peu coutumier.