Cette IA factory, présentée comme la plus puissante d’Europe, mobilise 800 millions d’euros.En février dernier, l'annonce par le président de la République d'un plan de 109 milliards d'euros dévolu à l'intelligence artificielle a fait grand bruit, tout comme l'accord signé dans ce cadre avec les Émirats arabes unis pour un montant de 50 milliards d'euros. Cent jours après le sommet de l'IA, les promesses se concrétisent. Lundi 19 mai, lors de Choose France, de nouveaux projets d'investissement seront officialisés, d'autres confirmés, comme celui mené par Oréus AI.
Ce consortium est né en début d'année, porté notamment par Sabrina Agresti-Roubache, l'ancienne secrétaire d'État en charge de la Citoyenneté et de la Ville, très vite retournée dans le privé après son expérience gouvernementale, et par Kevin Polizzi, le fondateur d'Unitel, spécialiste du cloud et des télécommunications. Les intérêts émiratis, précisément ceux de Core42, filiale du groupe G42, spécialiste de l'IA, ont rapidement croisé ceux du consortium français.
Le premier apporte ainsi un financement de 800 millions d'euros au second afin de transformer, via le groupe DataOne, dirigé par Charles-Antoine Beney, un data center ancienne génération en IA factory. Dotée d'une capacité de 8 500 GPU, Athena - c'est son nom - devient ainsi le premier supercalculateur européen. Implanté en Auvergne-Rhône-Alpes, à Grenoble, il sera opérationnel dès ce mois de juillet, après quelques mois de travaux.
Un enjeu de souveraineté
« Nous captons cet investissement de 800 millions d'euros car nous avons su saisir l'opportunité qui se présentait », souligne Sabrina Agresti-Roubache, insistant sur la notion de partenariat qui lie Oréus à Core42 et sur la souveraineté du consortium, qui réunit aussi l'avocate Sandra Blanchard, l'entrepreneur social Laurent Choukroun et la start-up Dev-id de Julien Lescoulié, spécialisée dans la formation par le compagnonnage.