Intelligence artificielle : Macron annonce 109 milliards d'investissements en France
La Tribune (avec agences)

Photo d'illustration
Gonzalo Fuentes / POOL / AFP
La Tribune (avec agences)

Photo d'illustration
Gonzalo Fuentes / POOL / AFP
[Article publié le dimanche 09 février 2025 à 21h03 et mis à jour lundi 10 février à 08h36] À la veille de l'ouverture du sommet international sur l'IA de Paris, Emmanuel Macron a annoncé des investissements en France dans l'intelligence artificielle : « 109 milliards d'euros dans les prochaines années ».
« C'est l'équivalent pour la France de ce que les États-Unis ont annoncé avec "Stargate". C'est le même rapport », a ajouté le chef de l'État dimanche soir, sur France 2. Le projet « Stargate », dévoilé en janvier par le président Donald Trump, comprend, lui, des dépenses d'au moins 500 milliards de dollars dans des infrastructures d'IA.
Parmi les mesures phares, le président a indiqué que la formation aux technologies de l'IA allait fortement s'accélérer : 100.000 jeunes seront formés chaque année, contre 40.000 actuellement.
Ces investissements devraient provenir d'entreprises privées. Au cours des jours précédents, d'autres projets ont déjà été évoqués en France dont celui des Émirats arabes unis. Le pays du golfe prévoit une enveloppe d'environ 40 milliards d'euros pour bâtir un data center dont la localisation n'est pas encore connue. Devenus centraux dans la compétition de l'intelligence artificielle, ces centres de données s'apparentent à de gigantesques bâtiments conçus notamment pour permettre l'entraînement des modèles d'IA.
Preuve de leur importance, la pépite tricolore Mistral, qui a développé son propre outil conversationnel baptisé Le Chat, a annoncé dimanche la construction de son premier data center en France, près de Paris. Et ce, afin de « maîtriser l'ensemble de la chaîne de valeur, de la machine jusqu'au logiciel », a précisé son patron, Arthur Mensch, sur la chaîne de télévision TF1. Le fonds canadien Brookfield va, quant à lui, investir 20 milliards d'euros pour notamment en construire un à Cambrai (Nord), au sud de la vallée de l'écomobilité aussi appelée vallée de la batterie.
L'exécutif a également annoncé que 35 sites « prêts à l'emploi » ont été identifiés afin d'y déployer des data centers. La France en compte actuellement plus de 300, se plaçant ainsi dans le top 6 mondial, après les États-Unis, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Chine et le Canada, selon un rapport du Conseil économique social et environnemental.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

Pour débattre des enjeux de l'IA, qu'ils soient diplomatiques, politiques, économiques, éthiques ou juridiques, des chefs d'État et de gouvernement, ainsi que des patrons du secteur, sont justement réunis lundi et mardi au Grand Palais lors d'un Sommet international de l'IA.
La participation d'une centaine de pays est annoncée, avec par exemple le Premier ministre indien Narendra Modi, le vice-président des États-Unis J.D. Vance, le vice-Premier ministre chinois Zhang Guoqing, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le chancelier allemand Olaf Scholz. Côté chefs d'entreprise, Arthur Mensch est attendu, tout comme le dirigeant d'OpenAI, Sam Altman.
Face à des acteurs privés très ambitieux, la demande de régulation est forte. Le président français a promis, pour la fin du Sommet, une déclaration « avec des principes forts sur la protection des droits, l'environnement, l'intégrité de l'information, la propriété intellectuelle ».
« Si toute la planète défile à Paris, ce n'est pas un hasard. Si le président de la république a annoncé qu'elle accueillera 109 milliards d'euros, ce n'est pas un hasard, la France et l'Europe sont à la pointe, et ont tout les atouts pour réussir dans cette nouvelle ère technologique », a déclaré à propos du sommet Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, ce lundi matin sur TF1.
Au cours de son entretien, Emmanuel Macron a également mis en avant les apports de l'intelligence artificielle en matière de santé, comme dans la lutte contre le cancer, ou pour déléguer certaines tâches au travail. « Je ne fais pas partie de ceux qui pensent que ça va tout remplacer », a toutefois insisté le chef de l'État, alors que le développement de l'IA s'est accompagné de craintes sur le maintien de certains emplois, la désinformation en ligne ou le respect du droit d'auteur.
Par ailleurs neuf pays, dont la France, des associations et des entreprises ont annoncé le lancement d'une initiative baptisée « Current AI » pour une « IA d'intérêt général », dotée d'un investissement initial de 400 millions de dollars et parrainée par 11 dirigeants de la tech. L'objectif de Current AI est de développer l'accès à des bases de données privées et publiques dans des domaines comme la santé et l'éducation, promouvoir une IA plus transparente et sécurisée et mettre au point des systèmes pour évaluer l'impact social et environnemental de cette technologie. « On veut aller beaucoup plus vite et beaucoup plus fort », a insisté Emmanuel Macron.
À lire également
En marge du sommet international sur l'intelligence artificielle à Paris, Microsoft a annoncé la création d'une fondation dédiée à une IA « responsable », en partenariat avec la société émiratie G42 et l'université d'intelligence artificielle Mohammed ben Zayed. L'objectif est de promouvoir des recherches et d'élaborer des standards pour une intelligence artificielle transparente et éthique au Moyen-Orient et au niveau international.
(Avec AFP)
La Tribune (avec agences)