Ces derniers jours, Anne Hidalgo apparaît à ses interlocuteurs « particulièrement en forme », « épanouie », comme libérée. Cela fait maintenant deux mois que la maire de Paris a clarifié les choses et son destin : elle ne sera pas candidate à un troisième mandat, et elle a choisi pour lui succéder son fidèle Rémi Féraud, chef de file de la majorité au Conseil de Paris. Mais, dans les faits, les choses ne se passent pas comme elle l'aurait voulu.
Sa succession tourne même au mauvais feuilleton, avec des liens d'amitié écorchés par des rivalités, le tout dans une violence sourde dont la politique parisienne a le secret. « C'est House of Cards version House of Paris », rit jaune l'un de ses adjoints à l'Hôtel de Ville. « Ça fait vingt-cinq ans qu'on est au pouvoir, c'est difficile de se succéder », pose un socialiste de la capitale. Il est vrai qu'après les treize ans de règne de Bertrand Delanoë suivis des douze années de pouvoir d'Anne Hidalgo il faudra convaincre les Parisiens de prolonger le bail socialiste jusqu'en 2032.
Mais personne ne s'est imposé comme une évidence pour lui succéder. Ainsi la campagne parisienne démarre par une guerre fratricide entre Rémi Féraud et Emmanuel Grégoire, premier adjoint d'Anne Hidalgo pendant six ans, de 2018 à 2024. « J'ai de l'estime pour Rémi, ça me meurtrit de l'affronter, mais on va vite passer à autre chose », confie le second au sujet du premier. Les deux socialistes n'ont que des points communs : ils sont de la même génération, ils ont les mêmes idées, les mêmes réseaux, un parcours similaire, une faible notoriété... « Ce sont des frères jumeaux, deux fidèles d'Anne, sur une ligne sociale-démocrate modérée », constate un proche des deux hommes.