OPINION. « Loi PLM : rien n’est prêt ! », par Renaud Muselier, président de la Région PACA (Renaissance) et Martine Vassal, présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence (DVD)
Renaud Muselier et Martine Vassal
Renaud Muselier (Renaissance) et Martine Vassal (DVD) jugent impraticable et déconnectée la réforme du mode de scrutin des municipales à Paris, Lyon et Marseille.
Renaud Muselier, président de la Région PACA, et Martine Vassal, présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence, dénoncent une réforme précipitée du mode de scrutin des municipales à Paris, Lyon et Marseille, qu’ils jugent impraticable et déconnectée des priorités des citoyens.
Depuis les élections municipales de 1983, il y a quarante-deux ans, le mode de scrutin des élections municipales à Paris, Lyon et Marseille est défini par une législation particulière, propre à la dimension des trois plus grandes villes de France. On peut bien sûr déplorer cette spécificité, mais parler de problème démocratique n'est pas sérieux.
À Paris, Jacques Chirac, Bertrand Delanoë, Anne Hidalgo ; à Lyon, Gérard Collomb et Grégory Doucet ; à Marseille, Gaston Defferre, Robert-Paul Vigouroux, Jean-Claude Gaudin et Michèle Rubirola : aucun de ces maires n'a été contesté après son élection. Car le maire est toujours la personnalité élue dont le visage et le nom figurent sur les affiches - voilà d'où ils ont tous tiré leur légitimité démocratique. Autre limite dans l'exercice de réforme : les scrutins dans ces trois villes sont déjà complètement différents.
À Paris, une seule urne pour désigner conseiller d'arrondissement, conseiller de Paris, conseiller métropolitain - et de facto conseiller départemental fondu dans la commune. À Lyon, l'élection se fait déjà avec deux urnes - l'une pour le conseil d'arrondissement et le conseil municipal, l'autre pour le conseil métropolitain fusionné avec le département.
À Marseille, une seule urne pour désigner conseil de secteur (deux arrondissements), conseil municipal et conseil métropolitain. Et une deuxième élection, contrairement à Paris, pour le conseil départemental. Aucune des trois ne ressemble aux autres, et pourtant cela fonctionne ! Le processus démocratique est respecté - demain, que faudra-t-il faire ? Voter avec trois urnes le même jour ? Ou une seule pour tous les scrutins ?
Cette volonté de réforme, sous prétexte de simplicité, va rendre le processus impossible à organiser et donc impossible à comprendre. Personne ne s'y reconnaîtra ! En réalité, à ce stade, il n'existe aucun consensus politique autour de cette idée, dans aucune des trois villes, métropoles et départements concernés. Cette réforme dévitaliserait profondément les mairies de secteur ou d'arrondissement - qui font vivre la vie municipale en proximité et au plus près du dernier kilomètre !
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Il s'agirait plutôt de renforcer les maires de secteur, et de clarifier les compétences de chacun. Enfin, il faut se poser une question simple. Pourquoi cette réforme en urgence, à un an des élections municipales de 2026 ? À qui profiterait ce bouleversement brutal, sinon à des Parisiens pour eux-mêmes dans un grand tripatouillage de dernière minute ? Voilà un sujet passionnant qui mérite d'être travaillé, pensé et observé attentivement.
Il méritera peut-être, après l'échéance de mars 2026, l'ouverture d'un chantier pour aboutir à un consensus, à Marseille comme à Lyon et Paris. Monsieur le Premier ministre, vous avez réussi à faire voter le budget : bravo ! Maintenant, les Français attendent qu'on apporte des solutions urgentes dans tous les domaines où ils rencontrent des difficultés - économie, sécurité, immigration, pouvoir d'achat. Voilà le bon sens !
Valérie BOYER, sénatrice des Bouches-du-Rhône (LR)
Bruno GILLES, sénateur-maire honoraire des 4e et 5e arrondissements de Marseille, président du groupe Une volonté pour la métropole (Horizons)
Marion BAREILLE, maire des 13e et 14e arrondissements de Marseille (DVD)
Anne-Marie D'ESTIENNE D'ORVES, maire des 9e et 10e arrondissements de Marseille (DVD)
Sylvain SOUVESTRE, maire des 11e et 12e arrondissements de Marseille (LR)
Catherine PILA, présidente du groupe Une volonté pour Marseille (LR)
Lionel ROYER-PERREAUT, président du groupe Ensemble pour les Marseillais (Renaissance), ancien député des Bouches-du-Rhône, ancien maire des 9e et 10e arrondissements
Sabine BERNASCONI, conseillère métropolitaine et conseillère municipale de Marseille, ancienne maire des 1er et 7e arrondissements de Marseille (LR)
Marine PUSTORINO, conseillère municipale, départementale et métropolitaine (DVD), ancienne maire des 4e et 5e arrondissements
Nora PREZIOSI, conseillère départementale, présidente de 13 Habitat (DVD)
Isabelle CAMPAGNOLA-SAVON, conseillère municipale, métropolitaine et régionale, référente départementale Horizons
Sylvain DI GIOVANNI, conseiller départemental, président du parti Marseille Provence unie - Les amis de Martine Vassal
Ludovic PERNEY, vice-président de la Région Sud, référent Les Républicains Marseille, référent Marseille de Cap sur l'avenir
Romain SIMMARANO, président du collectif Une génération pour Marseille
Bruno COULON, responsable UDI Marseille
Frédéric COLLART, président du collectif Marseille à cœur
Aurore BRUNA, référente Marseille de Cap sur l'avenir
Denis ROSSI, vice-président du conseil départemental (DVG)
Sandra BLANCHARD, secrétaire générale du collectif Une génération pour Marseille
David GALTIER, conseiller municipal, métropolitain et régional (LR)
Didier REAULT, vice-président de la métropole (LR)
Thierry SANTELLI, vice-président du conseil départemental