ENTRETIEN EXCLUSIF — Confrontée à une épidémie grippale, la France a déclenché le plan blanc dans 87 hôpitaux. Le dirigeant de Sanofi France, Charles Wolf, annonce un renforcement des moyens mis à disposition.L'alerte est maximale dans les hôpitaux de l'Hexagone. De nombreuses opérations sont déprogrammées à cause de l'épidémie de grippe et les directions envisagent de rappeler le personnel en congés. Cette décision fait suite à une multiplication des cas de grippe, provoquant un nombre exceptionnellement élevé d'hospitalisations comparé aux saisons précédentes, observe Santé publique France.
En cause : plusieurs souches de grippe coexistantes, une proximité accrue pendant les fêtes et, surtout, une couverture vaccinale largement insuffisante. Charles Wolf, directeur France de Sanofi et directeur général de Sanofi Vaccins France, rappelle l'importance de la vaccination et annonce de nouvelles doses de sérum antigrippal dans les prochains jours.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Vous attendiez-vous à une telle flambée de l'épidémie cette année ?
CHARLES WOLF — Il y avait une crainte et cela se confirme pour deux raisons. D'une part, les signaux venant de l'hémisphère Sud montraient un épisode épidémique fort. D'autre part, la vaccination a été plus basse cette année en France, avec une campagne qui a mal démarré. La couverture vaccinale se situe actuellement en dessous des 50%, nettement moins que l'objectif de 75% recommandé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Quand je vois que 80% des personnes en réanimation ne sont pas vaccinées, c'est du gâchis. On sature nos hôpitaux et on fait des dépenses qu'un simple geste de prévention peut éviter.
La France est-elle une mauvaise élève européenne en matière de vaccination ?
Disons que nous nous situons en milieu de classement, ce qui n'est pas terrible. Mais il n'y a pas de fatalité. Lorsqu'on se mobilise, quand les politiques se mobilisent, la couverture vaccinale augmente.
Marie Nidiau (propos recueillis)