Dans le port de Calvi, il ne reste plus rien du Dolce Vita, ce catamaran luxueux de 23 mètres parti en fumée dans la nuit du 3 au 4 juin. Devant les yeux ébahis des premiers touristes de l'été, l'épave calcinée a été hissée hors de l'eau, la plupart des marins qui devaient travailler à bord durant la saison ont quitté la Corse.
La saison s'annonçait pourtant sous les meilleurs auspices. Tout juste sorti des chantiers de l'arsenal de La Rochelle, le maxi-bicoque promettait, moyennant 120 euros par passager, une journée envoûtante le long des eaux cristallines et ses roches pourpres de la réserve de Scandola, au sud de Calvi, ou encore un coucher de soleil inoubliable en pleine mer.
Une quinzaine de marins avaient été embauchés pour la bonne marche du navire. « Il vaut mieux tenter d'aller chercher du travail ailleurs, aux Caraïbes ou en Grèce », confie l'un d'eux. Le jeune matelot préfère garder l'anonymat, encore sous le choc. De sa vie de jeune marin, il n'avait jamais vu ça.
Cette nuit-là, des cris d'effroi résonnent sur le port. Un appel réveille le jeune saisonnier vers 4 heures du matin. Le bateau est en flammes, ses copains en larmes. Les pompiers n'ont rien pu faire. Les deux coques ont fondu en quelques minutes. L'épaisse fumée noire a continué à se répandre jusqu'au surlendemain.