FRÉDÉRIC WORMS — Ce sommet, qui me paraissait depuis longtemps aussi important que la COP21 de Paris sur le climat il y a dix ans, a eu un retentissement inespéré. À l'ENS, nous savions combien le sujet était devenu crucial dans tous les domaines (de la science fondamentale à la société), et nous nous réjouissions qu'un événement lui soit consacré à Paris, qui plus est piloté par la présidente de notre conseil d'administration, Anne Bouverot. Nous étions toutefois surpris qu'il ne suscite pas plus d'attention. Quelques semaines plus tôt, qui en parlait ? Dans sa dernière ligne droite, il a eu un retentissement mondial. Et que les savants, politiques, citoyens, étudiants s'en soient saisis ensemble et en temps réel constitue un motif de satisfaction et d'espérance. Mais la raison de cette bonne surprise est aussi celle de mon inquiétude : le retentissement est dû à une crise et à une tension politique, et pas seulement - comme ce fut le cas en 2015 lors de la COP21 - à une convergence internationale. Le brusque changement de politique aux États-Unis sur ce sujet aussi, inquiétant le reste du monde, a amplifié à la fois l'attention et la tension autour du sommet. Pour le meilleur ou pour le pire, l'avenir le dira.