REPORTAGE — Neuf jours après le cyclone destructeur qui a ravagé Mayotte, le département fait toujours face aux pénuries. Première préoccupation des habitants : la soif.Toute une île, toute une population déjà traumatisée par un cyclone destructeur, et qui se débat dans le dénuement. En quelques heures, Chido a littéralement englouti le quotidien des Mahorais. Ces Français de l'océan Indien évoluent désormais dans un paysage fantomatique comme calciné par les vents. À Mayotte, les îles de Petite-Terre et de Grande-Terre ne sont plus que l'ombre d'elles-mêmes.
Et les habitants n'ont plus qu'un but : l'accès à l'eau potable, « priorité des priorités », comme l'a souligné Emmanuel Macron vendredi soir à l'issue d'un déplacement de deux jours, « le plus dur humainement depuis 2017 », reconnaît-on dans son entourage, encore sous le choc après avoir arpenté cette terre « comme broyée et aspirée » par la force des éléments.
Une journée de deuil national a d'ailleurs été décrétée pour demain. Selon Bruno Retailleau, ministre démissionnaire de l'Intérieur, « tout est mis en place pour permettre de distribuer 600 000 litres d'eau par jour », dans un territoire où il fait actuellement plus de 30 degrés. Le retour à l'eau courante s'amorce avec les « tours d'eau », des robinets qui s'ouvrent zone par zone, à des créneaux horaires très précis.
En attendant mieux, l'île n'est plus qu'une longue file d'attente. Devant les points d'eau non officiels mais aussi devant les supermarchés ou les distributeurs de billets. Un argent liquide indispensable car, en l'absence d'électricité, tout se paie en espèces. La principale queue, celle qui crée de nombreuses tensions, se trouve le long de la RN1, reliant Mamoudzou à Mtsamboro. Les habitants se pressent pour faire le plein d'essence à la station-service. Le précieux carburant est pourtant uniquement réservé aux véhicules d'urgence.
Envoyée Spéciale Anne-Laure Banse