Retailleau, 70 jours à l’Intérieur
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Bruno Retailleau s'est rendu vendredi 29 novembre à Ambleteuse (Pas-de-Calais).
LTD/Raphaël Lafargue/ABACAPRESS
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Bruno Retailleau s'est rendu vendredi 29 novembre à Ambleteuse (Pas-de-Calais).
LTD/Raphaël Lafargue/ABACAPRESS
Depuis son installation Place Beauvau il y a deux mois, Bruno Retailleau n'a pas délaissé sa terre d'élection. Il s'y rend à peu près tous les quinze jours. Le 26 octobre, à La Boissière-de-Montaigu, commune du Haut Bocage vendéen, le ministre de l'Intérieur a inauguré un centre sportif. Contents, des élus du coin se sont tout de même demandé - mais discrètement - s'il n'avait pas mieux à faire. « C'est gentil à lui de venir ! Après, ce qu'on veut, ce sont des résultats en haut. »
Comprendre : sur la sécurité et l'immigration. L'intéressé s'en occupe pourtant. Trop bruyamment, aux dires de certains interlocuteurs. Les plus sévères lui reprochent d'être dans la « com », de « s'enfiévrer » comme naguère au Sénat, où il s'exprimait sur tous les sujets sans notes. La plupart observent, plus bienveillants, qu'il a perdu quelques kilos déjà peu dispensables. « Il est secoué, note une parlementaire qui le connaît bien. Le stress l'a fait maigrir. »
La compression du temps fait son œuvre. Le quotidien est devenu harassant et toute projection, hasardeuse. Bruno Retailleau sait que son gouvernement a une espérance de vie limitée. « L'adoption d'une censure déclencherait une crise financière très grave et ruinerait dix années de respectabilisation pour Marine Le Pen », prévient-il auprès de La Tribune Dimanche.
À lire également
Des questions se poseraient aussi pour l'ancien chef de la droite sénatoriale. Que restera-t-il de son volontarisme autoritaire si Michel Barnier est renversé avant Noël ? Que peut-il tirer d'une exposition médiatique certes considérable mais éphémère ? Lorsqu'il reçoit les édiles de son département au ministère le 19 novembre, en marge du Congrès des maires de France, Bruno Retailleau confie son scepticisme à une invitée. « Ça ne durera pas longtemps... » L'un de ses collègues de l'exécutif décrit quelqu'un qui compense, « vit le truc à 3 000 à l'heure » et « veut faire bouger les choses ».