Il est l'autre exclu de la liste des graciés annoncée par la présidence algérienne. Condamné il y a huit jours à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », le journaliste français Christophe Gleizes a été incarcéré cette semaine à la prison de Tizi Ouzou, où il partage une cellule de 10 mètres carrés avec un codétenu.
Pigiste pour le magazine So Foot, il avait été arrêté il y a treize mois alors qu'il effectuait un reportage en Kabylie avec l'objectif d'écrire un livre sur un footballeur camerounais mort dans des circonstances mystérieuses. Il avait été alors placé en résidence surveillée. Estimant son cas peu préoccupant et ayant espoir de le voir sortir rapidement d'Algérie, le Quai d'Orsay avait demandé aux proches de l'Agenais de rester discrets. Ils avaient suivi le conseil à la lettre.
Ce silence n'aura été en rien payant. Le 29 juin, la sentence, très lourde, tombait. La justice algérienne reproche au journaliste des entretiens, entre 2015 et 2021, avec un dirigeant, aujourd'hui en exil, de la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK), principal club de football de Tizi Ouzou. Ce même dirigeant est aussi à la tête du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK), considéré depuis 2021 comme une organisation terroriste par Alger.
« Lorsque l'on connaît Christophe, cette accusation de terrorisme c'est vraiment du grand n'importe quoi, s'indigne Franck Annese, le directeur de So Press, qui édite So Foot. Interviewer une personne ne veut pas dire que l'on épouse ses causes. C'est une évidence pour tout journaliste mais il n'est pas inutile de le répéter. » Selon l'avocat qui a pu le visiter en prison le 2 juillet, Christophe Gleizes garderait le moral. « Il est costaud, résilient, trouve un sens à tout ce qu'il fait, tout ce qui lui arrive », reprend Franck Annese. Il l'avait démontré au cours de son année de résidence surveillée en s'occupant notamment d'une équipe de football composée d'handicapés algériens.