Les chantiers de la diplomatie française sur le front économique
Julien Gouesmat

Jean-Noël Barrot s'est félicité de l'attractivité économique de la France. (photo d'archives).
Sarah Meyssonnier
Julien Gouesmat

Jean-Noël Barrot s'est félicité de l'attractivité économique de la France. (photo d'archives).
Sarah Meyssonnier
La diplomatie est, certes, très protocolaire, mais elle sait faire preuve d'humour. Au cours de la 30e édition de la conférence des ambassadeurs, le discours du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, devant le gratin des émissaires français, a été ponctué de dessins de Jul, collaborateur de Charlie Hebdo, dont la France commémore les 10 ans des attentats aujourd'hui.
Les caricatures n'ont pas manqué de mordant, se moquant notamment de la sortie décriée du président de la République, la veille, au sujet du manque « de remerciements » des chefs d'Etats africains à la France. Lundi 6 janvier, Emmanuel Macron s'était lui aussi prêté à l'exercice devant les ambassadeurs, donnant les grandes lignes de la politique étrangère française pour 2025.
Ce mardi, le discours du chef de la diplomatie avait plutôt vocation à diriger les troupes du Quai d'Orsay, dans un laïus « sous le signe de l'action ». Et pour plus d'actions, les ambassades disposeront en 2025 de plus « de latitudes » sur leur budget, selon les mots du ministre. Des budgets devraient ainsi leur être délégués, offrant plus d'autonomie dans l'entretien de l'immobilier, les opérations d'urgence ainsi que le recrutement local.
A plusieurs reprises, le mot « attractivité » a résonné dans la salle de conférence. Le ministre s'est félicité de la politique française en la matière, soulignant que « deux tiers des investissements étrangers en France se portent vers les villes moyennes, là où le pays a tant souffert de la désindustrialisation. » Le locataire du Quai d'Orsay a également insisté sur la nécessité d'étendre la diplomatie économique à une meilleure attractivité des investissements financiers. « Les fonds d'investissements français (...) doivent pouvoir bénéficier de sommes considérables déployées aujourd'hui par les grands investisseurs souverains », a ainsi insisté Jean-Noël Barrot.
Pour parfaire l'attractivité, la diplomatie française devra s'entourer plus efficacement du monde de l'entreprise. Le ministre a indiqué « vouloir muscler notre capacité, en entraînant les acteurs économiques, ceux des territoires mais aussi les acteurs européens et internationaux. » Dans ce cadre, une mission portant sur la contribution des entreprises et des mécènes au financement de la diplomatie a été attribuée à Catherine Pégard, ancienne Présidente de l'Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles. Parmi les autres objectifs du Quai d'Orsay figure notamment une collaboration renforcée avec les collectivités territoriales dans le cadre de l'aide publique au développement.
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En matière de souveraineté économique et de sécurité des approvisionnements, le ministre des Affaires étrangères a également demandé aux ambassadeurs d'être « les relais de cette stratégie plus offensive », en faisant référence aux objectifs français en matière de métaux critiques, tirés du rapport Varin de 2022. C'est une diplomatie « de partenariat » que prône, pour ce domaine, le Quai d'Orsay, rappelant les coopérations récentes avec la République démocratique du Congo ou encore l'Australie.
Le ministre a également appelé les opérateurs publics à se saisir plus souvent les fonds européens, estimant qu'il y a là « 1,6 milliard d'euros à aller chercher. »
Julien Gouesmat