Malgré ses dernières défaites, « le rugby français a forcé le respect »
Stéphane Colineau

Une mêlée franco-néo-zélandaise, hier, à Hamilton.
LTD / HANNAH PETERS / GETTY VIA AFP
Stéphane Colineau

Une mêlée franco-néo-zélandaise, hier, à Hamilton.
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Déchiffrée par un comptable, la copie rendue par le XV de France au terme de sa virée chez les All Blacks ne vaut pas cher. Trois défaites, la dernière hier à Hamilton (29-19), voilà de quoi plomber le bilan de l'ère Galthié, sélectionneur attaché à ses 80 % de victoires. Lue par les anciens, elle est déjà moins déshonorante. La fessée en Nouvelle-Zélande, c'est la règle.
Les Bleus n'y ont gagné qu'une fois ces trente dernières années, en 2009. Décryptée par un manager estimé du Top 14, Sébastien Piqueronies, elle est encore plus louable. « Le rugby français a forcé le respect de la Nouvelle-Zélande, et même au-delà avec cette tournée, juge le Palois. Cette équipe, qui a joué sans ses cadres, a valorisé la profondeur du Top 14, la qualité des jeunes talents français. Et celle du staff qui, en trois ou quatre semaines, est arrivé à faire jouer de manière cohérente ces individualités. »
Rembobinons. Hier, ces Bleus bis voire ter, dépouillés de presque tous les vainqueurs du dernier Tournoi des Six Nations, ont produit une synthèse du meilleur de leurs deux premiers tests.
« J'ai adoré leur caractère, s'enthousiasme Sébastien Piqueronies. Ils ont été dominés sur pas mal de phases de jeu, mais ils n'ont jamais rompu. J'ai aussi été marqué par l'intensité et la précision en défense. Sauf, peut-être, les trois ou quatre dernières minutes. » Alors que l'écart n'était que de trois points (22-19), les Bleus ont cédé sur un coup d'éclat du génial Jordie Barrett.
Avant cela, Gaël Fickou, Mickaël Guillard et autres avaient envoyé du stress dans les gradins de Hamilton. Dans un copié-collé du scénario du premier test de la tournée (31-27), ils ont tiré les premiers puis secoué vigoureusement les hommes en noir, certes privés de quelques stars, au point de mener à la pause (17-19).
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La suite s'est révélée moins flatteuse — pas le moindre point inscrit en seconde période. Mais si ces troupes n'ont pas la même expérience que l'armée des titulaires, elles ont la même exigence. « On a été courageux, mais à ce niveau-là, ça ne suffit pas, a commenté Théo Attissogbe. Alors on va continuer à travailler fort pour "toucher" ce qui se fait de mieux dans le monde. »
Le Palois, l'un des quatre de la Section sur la feuille de match, est le symbole de ce que le réservoir français peut offrir. Ces deuxièmes et troisièmes choix ont souvent fait aussi bien que nombre de leurs glorieux aînés sur ces terres hostiles, peut-être même que ce qu'on pouvait espérer d'une équipe premium. Et ce malgré la déroute du deuxième test (43-17).
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Cette richesse est une clé pour espérer devenir champion du monde, pointe Sébastien Piqueronies : « Le Top 14 prépare au plus haut niveau, mais il consomme beaucoup d'énergie et de joueurs. Ça oblige le staff de l'équipe de France à en tester et à en aguerrir beaucoup pour les avoir sous la main. Bien plus que les Anglais, les Irlandais ou les nations du Sud et leurs championnats moins exigeants. Avec cette tournée, Fabien Galthié en a eu la confirmation. »
Stéphane Colineau