Comme chaque année, des coureurs sans dossard se mêleront à la foule composée de 55 000 inscrits, dimanche prochain, lors du marathon de Paris. Par jeu, mais aussi par frustration ou esprit rebelle.
Romain* se fait une joie de goûter à l'ambiance et au décor du marathon de Paris. Aguerri, il est prêt à avaler 42,195 kilomètres. Ou presque. Dimanche prochain, il ne franchira pas la ligne d'arrivée avenue Foch, comme les 55 000 inscrits. Romain n'a pas de dossard. Comme l'an dernier, il s'incrustera. « La foule est si dense qu'il est facile de se glisser sur le parcours une petite centaine de mètres après le départ, puis de le quitter avant la dernière ligne droite. »
Il ne sera pas le seul passager clandestin. « Ce n'est pas un phénomène massif, mais on est de plus en plus », constate cet habitué de l'appli communautaire Strava. Après l'édition 2024, des vidéos de ces intrusions ont fleuri sur Instagram. « Un jour, les organisateurs devront sévir », prédit-il.
Ces « bandits de course », appellation officieuse née aux États-Unis, ont d'abord sévi par jeu et par défi. « La route est à tout le monde » est un de leurs leitmotivs. Ils sont désormais rejoints par des passionnés frustrés de ne pas avoir pu dégoter de dossards.
Les grands marathons ne peuvent en fournir qu'un nombre limité pour des raisons de sécurité, alors que les rangs des candidats ne cessent de grossir. Comme les tarifs, autre argument soulevé. Cette année, il fallait compter entre 140 et 170 euros pour l'épreuve parisienne, selon la période d'achat. C'est 20 de plus que l'an passé, 51 de plus qu'en 2018. « Je veux bien qu'on fasse du business, mais à cette hauteur, c'est quasi prédatoire », s'agace Raphaël.
Ce Français expatrié a couru l'édition 2023 sans dossard et sans scrupule. « Sur d'autres événements, moins chers ou très pros, comme le marathon de Francfort, je trouve le prix logique et je paie, assure-t‑il. Mais pas quand il est flagrant que les organisations veulent juste récolter le maximum d'argent possible, en utilisant plein de bénévoles qui plus est. La course à pied doit rester accessible. »
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