Alexis et Félix Lebrun entretiennent l’euphorie olympique et l’idée qu’ils pourraient, un jour, avoir le monde à leurs pieds. Ils sont à l’affiche des championnats de France cette semaine.Escale à Pékin incluse, il faut une quinzaine d'heures pour rallier Paris depuis Chongqing, au centre de la Chine, où se termine aujourd'hui la quatrième étape de l'édition 2025 du World Table Tennis (WTT), équivalent de l'ATP au tennis. Le genre de voyage pour lequel Alexis et Félix Lebrun, 21 et 18 ans, bénéficient désormais d'un confort précieux.
Une aisance permise par les partenariats conclus depuis leurs brillants Jeux olympiques - deux médailles de bronze, par équipes et en simple pour le cadet. « Dormir, ou au moins s'allonger, fait gagner trente-six à quarante-huit heures, soit deux ou trois entraînements supplémentaires », calcule Nathanaël Molin, coach et cheville ouvrière de la « Team Lebrun ». Soit, sur une année, un gain « considérable » de 30 à 40 séances.
Les aéroports sont les seuls endroits où l'entraîneur ne court pas. C'est donc avant l'embarquement d'un vol, en milieu de semaine dernière, qu'il a pu nous raconter la planification de ce début d'olympiade, distincte pour chacun de ses protégés. L'un, Félix, « déconstruit pour mieux reconstruire ».
Pendant seize semaines, il s'est astreint à un travail physique spécifique afin de « progresser entre la troisième et la cinquième balle » des échanges. Cela a engendré « une petite perte de repères », visible aux championnats d'Europe en octobre (élimination en quart de finale du tableau individuel), déjà moins lors de son parcours triomphal au WTT Champions de Montpellier, dans la foulée. « Le processus est long », évacue Nathanaël Molin.