Tennis : L'été en pente douce de Loïs Boisson
Damien Burnier

Loïs Boisson, numéro 1 du tennis féminin français, se prépare à disputer l'US Open.
LTD/Julian Finney/Getty Images via AFP
Damien Burnier

Loïs Boisson, numéro 1 du tennis féminin français, se prépare à disputer l'US Open.
LTD/Julian Finney/Getty Images via AFP
Elle a quitté les foyers français voilà deux mois et demi, en plateau lors du JT de Laurent Delahousse. Point d'orgue d'une longue journée médias de six heures, mots posés comme un couvercle sur son insoupçonnable épopée à Roland-Garros. Demi-finaliste dès son premier Grand Chelem, Loïs Boisson est, à 22 ans, à l'aube de son deuxième, à l'US Open.
Les médias américains restent curieux de la découvrir davantage, tel le New York Times, qui a calé un entretien ce week-end, avant son entrée demain face à Viktorija Golubic, 77e mondiale. Elle arrive avec le dossard 46 de la WTA, 315 places plus haut qu'à Roland-Garros, donc a priori en position de force. Sauf qu'elle se présente sans repères et sans victoire sur la tournée américaine. Et même sans succès tout court cette saison sur le circuit hors terre battue.
Aucune panique à bord, tout s'explique. La séquence gazon, juste après Paris, tenait de la pure découverte. Peu de temps pour apprivoiser les codes de la surface et, à Wimbledon, une adversaire consistante pour un 1er tour de qualifications - passage obligé après une demande de wild-card rejetée.
L'herbe vite coupée sous le pied - malgré tout « un bon apprentissage pour l'avenir », dixit son coach, Florian Reynet -, la nouvelle numéro 1 française a occupé le terrain en retrouvant l'ocre, zone de confort pour son lift de coup droit à 3.000 tours par minute. À la clé, un premier trophée, à Hambourg (WTA 250).
Mais aussi un adducteur qui siffle. Résultat, près de deux semaines sans raquette et deux grands rendez-vous manqués, à Montréal et Cincinnati (WTA 1000). La suite ? Retour sur le court le 2 août à Lyon, une balade à vélo autour du lac d'Annecy (Haute-Savoie), près du camp de base familial, et un décollage pour les États-Unis le 7.
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Direction Cleveland, où la rentrée n'aura pas duré plus d'un tour. Peut-on craindre, en changeant si subitement de statut, un relâchement ? Pas pour son entraîneur : « Loïs est toujours dans l'après et naturellement très disciplinée. Ce qui lui est arrivé n'est pas un miracle. »
Mais c'est tout de même une bénédiction, si l'on glisse du côté financier. En début d'année, Boisson avait pris l'initiative, très peu suivie, d'une cagnotte participative pour la soutenir. Cela alors qu'elle restait sur une saison raturée par une vilaine blessure au genou. Or, en complément du chèque de Roland-Garros (690.000 euros), les sponsors ont afflué. Le premier deal a été officialisé jeudi avec SVR, un laboratoire dermatologique.
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La veille, son agent nous en annonçait « un deuxième d'ici à la fin de l'année avec un fleuron de l'industrie française ». Sur ce terrain aussi, la mesure l'a emporté. « On aurait pu accepter dix fois plus que ce que l'on a fait, étaie Jonathan Dasnières de Veigy, qui travaille avec la joueuse depuis quatre ans. On a vu tant de filles qui ont fait trop de choses et se sont éparpillées. L'idée, avec Loïs, c'est de penser à long terme. »
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