Tennis : Amanda Anisimova ou l’art de se relever
Damien Burnier

Figurant parmi les jeunes stars du tennis mondial, Amanda Anisimova a traversé une période difficile dans son ascension.
LTD/Clive Brunskill/Getty Images/AFP
Damien Burnier

Figurant parmi les jeunes stars du tennis mondial, Amanda Anisimova a traversé une période difficile dans son ascension.
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Toutes les joueuses vous le diront, Yulia Putintseva est une sacrée teigne, le genre à ne rien vous donner. Toutes, sauf peut-être Amanda Anisimova, qui lui a flanqué un double 6-0 au premier jour de Wimbledon. Depuis, l'Américaine poursuit sa promenade dans l'herbe sans bruit, à peine gênée par celui des bouchons de champagne dans les loges.
Et puisque les têtes de série ont sauté tout aussi allègrement, la 12e mondiale - son meilleur classement - attaque la seconde semaine en joueuse la plus référencée de sa moitié de tableau derrière la queen Aryna Sabalenka.
De quoi raffermir les envies à l'heure de croiser Linda Noskova (30e) au mitan d'un tournoi dont elle n'avait plus pris le départ depuis 2022 (quart). Une époque qui avait marqué le début d'un trop-plein. De longs mois à chercher le plaisir du court, à se sentir ensevelie par le circuit ou jugée par les réseaux sociaux, plus prompts à jacter sur sa silhouette que sur sa raquette. Soit un burn-out finalement verbalisé et conduisant à s'arrêter sur le bas-côté en mai 2023. Rare à 21 ans.
La pause a duré huit mois, pendant lesquels les choses simples de la vie ont repris le dessus. Un semestre à l'université, chez elle en Floride, des road-trips entre amis et puis, surtout, une plongée dans la peinture pour retrouver des couleurs et son instinct créatif.
Quand l'US Open battait son plein, on pouvait voir le fruit de cette « déconnexion du monde » dans une galerie d'art de Tribeca, de l'autre côté de New York. En se rendant compte que la peinture devenait « plus qu'un hobby », elle s'est mis en tête de vendre ses œuvres au profit d'organismes caritatifs, notamment consacrés à la santé mentale.
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Monet et Van Gogh sont ses peintres favoris, Orsay, son musée préféré. Mais le matériel de peinture ne l'accompagne pas sur les tournois. « Je dépense déjà des milliers de dollars en supplément bagages avec tous les vêtements que j'emporte », souriait-elle cette semaine. Elle avait quitté le circuit 46e mondiale, elle s'est présentée 442e à l'Open d'Australie l'an passé, mais avec du vent dans les toiles (8e de finale). Goût du tennis retrouvé, celui-là même qui l'avait maintenue à flot lorsque son père avait succombé à une crise cardiaque en 2019, à 52 ans.
Konstantin Anisimov a longtemps été son coach, ordonnateur d'un projet tennis d'abord destiné à Maria, la sœur aînée. C'est pour elle que les parents avaient quitté la Russie pour le New Jersey, en 1998, trois ans avant la naissance d'Amanda. Direction ensuite le soleil de la Floride, où la cadette a affûté ses armes au sein de l'académie de Nick Saviano. Maria Sharapova faisait figure de modèle.
Bien vite les comparaisons avec l'ex-numéro 1 mondiale, avec qui elle partage blondeur, puissance et agent, ont fourmillé. Surtout lorsqu'elle a éclos au grand jour, à Roland-Garros en 2019. À 17 ans, elle y est devenue la première joueuse née au XXIe siècle à rallier les demi-finales d'un Grand Chelem.
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Aujourd'hui, elle retient que tout ça a été « une sacrée aventure » et que « les victoires n'arrivent pas si vous n'êtes pas heureux en dehors du court ». Agripper un Majeur ou le fauteuil de numéro 1 ? « Plus que jamais » sa motivation.
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