L'édito de La Tribune : l'auto au XXème siècle... et au XXIème
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Laisser un des trois grands constructeurs automobiles américains faire faillite n'est pas une option envisageable, a admis Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants. Le Congrès accueillait mardi Rick Wagoner, Robert Nardelli et Alan Mullaly, patrons de General Motors, Chrysler et Ford respectivement, venus réclamer pas moins de 34 milliards de dollars pour sauver leur industrie.
Le 19 novembre, les mêmes étaient venus en jet privé et avaient fait montre d'une arrogance qui leur avait aliéné les élus. Cette fois, c'est humblement qu'ils se sont présentés, arrivés de Detroit en voiture hybride et prêts à renoncer à leur salaire pourvu qu'on les secoure. En France, pendant ce temps, Nicolas Sarkozy s'apprête à relever fortement la « prime à la casse » en espérant faire redémarrer les ventes de voitures : une mesure que ne réclament pas les consommateurs et qui laisse perplexes beaucoup d'économistes. Peu importe. Lui aussi, comme Nancy Pelosi, pense que laisser sombrer l'un des constructeurs français n'est pas une option envisageable. Il y a les emplois concernés bien sûr, deux millions en prenant le secteur au sens large, pas loin d'un dixième des actifs. Aucun dirigeant ne voudrait les voir menacés.
Mais il y a plus. L'automobile a été le symbole du XXe siècle, et elle restera le symbole du XXIe. Ses producteurs forment un club presque aussi fermé que le club des puissances nucléaires, et les membres sont d'ailleurs en grande partie les mêmes (le Japon, n°1 mondial de l'auto et l'Allemagne, n°4, sont les grandes exceptions). Un pays peut être très prospère et avoir abandonné l'industrie automobile, comme l'ont fait les Pays-Bas et, en partie, le Royaume-Uni. Cependant, la plupart des pays qui visent la puissance veulent conquérir, ou préserver, le savoir-faire automobile. Le graal que tous pourchassent dans la crise actuelle, c'est la voiture de demain, celle qui ne polluera plus et ne consommera que de l'énergie renouvelable. Mais qui restera le véhicule carrossé à quatre roues qui emmène l'individu d'un point à un autre. Le rêve inassouvi de milliards d'hommes, aujourd'hui encore.
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