
OPINION. « Souveraineté numérique : l'Europe ne peut plus se contenter de réagir aux ingérences »
Cela fait trois ans que TF1 accumule les déboires. La belle machine qui a dominé le paysage audiovisuel français pendant vingt ans s'est grippée. Avec l'émergence des chaînes gratuites de la télévision numérique terrestre (TNT), l'audience de TF1 s'érodait, mois après mois. Nonce Paolini, qui a succédé à Patrick Le Lay il y a tout juste deux ans, ne semblait pas avoir la main heureuse dans les choix des hommes ou de la programmation.
Jusqu'à ce début 2009 où, profitant de la suppression de la publicité après 20 heures sur les chaînes publiques, TF1 Publicité a augmenté ses tarifs. Une erreur dans la conjoncture actuelle que les annonceurs ont pris un malin plaisir à lui faire payer.
Pour la première fois, la Une a dû baisser ses prix sous leur pression. Une évolution du rapport de force aux conséquences sonnantes et trébuchantes : les recettes de publicité de la chaîne se sont effondrées de 27% au premier trimestre et les comptes sont tombés dans le rouge.
Humiliation supplémentaire, depuis le 2 mars, M6 pèse plus lourd en Bourse que sa grande concurrente. Difficile de savoir si la filiale de Bouygues a touché le fond. Mais, à 48 heures d'intervalle, deux briques pour une reconquête ont été posées. Mardi, le CSA autorisait le lancement de la radio numérique LCI Radio, diffusée sur Internet depuis quelques mois. Et hier, le groupe annonçait le rachat des chaînes de Claude Berda sur la TNT. Peu importe le fait que la Bourse ait sanctionné (l'action TF1 a chuté de 1,9%) le prix considéré comme élevé payé pour TMC et NT1. Le groupe souffrait d'une trop forte dépendance à sa chaîne amirale parce qu'il avait refusé de croire à l'avenir de la TNT... Il paye le prix pour revenir dans la course.
La pilule est amère mais elle permet à Nonce Paolini de retrouver une certaine agilité dans les batailles qu'il mène. Le mois dernier, TF1 avait aussi revu son site Internet pour renforcer son offre de vidéo. Aucun de ces chantiers n'est "la" solution aux affres de TF1, mais 2009 pourrait être l'année zéro d'une nouvelle aventure.
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