Le "papy-krach" s'est aggravé

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Par Bernard Spitz, président de la Fédération française des sociétés d'assurances.

Le phénomène que j'avais décrit dans "le papy-krach", il y a deux ans, s'est aggravé. Nous savons depuis longtemps que le vieillissement de la population va accroître un certain nombre de dépenses collectives : en matière de santé d'une part, et, bien évidemment, de retraites d'autre part : le Conseil d'orientation des retraites (COR) prévoit ainsi 70 milliards de déficit, tous régimes confondus, en 2050. Troisième étage de la fusée du "papy-krach", le poids de la dette : avec la crise, celle-ci s'est envolée pour atteindre cette année 73% du PIB.

Tout ceci arrive après des décennies qui ont fait des jeunes la variable d'ajustement de la société française. L'ensemble des équilibres économiques se font sur leur dos, en leur laissant pour héritage les renoncements des générations précédentes. Il n'y a pas là qu'un problème économique, c'est bien d'un enjeu politique et moral qu'il s'agit. On l'observe du reste dans la plupart des pays : quand le poids des seniors va grandissant dans l'électorat, les jeunes risquent d'en faire les frais. Il faut tout faire pour rétablir une politique fondée sur la solidarité intergénérationnelle.

Sinon, les conséquences peuvent être redoutables sur le contrat social qui nous réunit. Rien ne serait plus dangereux qu'une société duale avec, d'une part, une minorité de jeunes bien formés et mobiles, qui font le dynamisme économique du pays, mais qui se rebelleront contre tout excès de charge fiscale en partant ; et, d'autre part, ceux qui sont piégés par les échecs de notre système de formation.

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