LBO, le retour à l'âge de raison

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Les difficultés de SGD, l'ex-filiale de flaconnage de Saint-Gobain, sont là pour le rappeler. La crise financière, et plus particulièrement celle du crédit, continue à se propager dans le monde des LBO ("leveraged buy-out"), ces sociétés acquises par des fonds d'investissement avec un (gros) effet de levier. De janvier à juin, leur taux de défaut en Europe occidentale a doublé, pour atteindre les 11%, selon une étude de Standard & Poor's.

Plus d'une sur dix est dans l'incapacité de réaliser le "business plan" prévu et de rembourser la dette contractée au moment de son rachat. Le pourcentage est énorme ; il devrait encore s'aggraver. Une véritable épée de Damoclès pour les entreprises concernées et leurs salariés, 6.000 par exemple dans le cas de SGD.

Mais la crainte de voir exploser une nouvelle bulle, réplique de celle des "subprimes" américains, s'estompe. Le LBO, qui ne fait pas courir au monde un risque systémique - chaque accident est un cas isolé -, ne devrait pas plonger l'économie dans une nouvelle glaciation. La profession, de Candover à Permira, de TPG à 3i, en passant par PAI, le numéro un de la zone euro, a été cueillie à froid par la crise mais ne devrait pas aller au tapis.

D'abord, parce que les sociétés qu'elles ont en portefeuille ne sont pas toutes concernées. Seules souffrent celles achetées en 2006, et surtout 2007, au plus haut et avec le plus gros endettement. Ensuite, parce que les entreprises sous LBO feront, dans nombre de cas, les gains de productivité nécessaires au paiement de la dette. Enfin, parce que les banques, qui ont prêté à tort et à travers, sont bien obligées de prendre leur part de la paume. Les françaises ont ainsi passé une trentaine de milliards d'euros de provisions à cet effet. Les fonds d'investissement y ont laissé des plumes. Ils savent qu'ils devront repenser leur activité sur des bases plus modestes. C'est le retour à l'âge de raison.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
article interressant sur la crise des LBO , mais meme si les entreprises concernées deviendront plus sage a quel cout social sur le plan humain ? , en plus la crise du credit n'est pas finie et en prime si la confiance des consommateurs palit ces entreprises se retrouveront en premiere ligne des medias , je n'aimerais pas diriger une compagnie avec ce genre de cataristiques , non le sujet est grave et inquietant
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Effectivement, je suis d'accord avec Balzac :"le sujet est grave et inquiétant". Le commentaire de M.Gay est interssant : Dire qu'il n'y as pas de risque systémique, certes. Mais l'économie n'est pas que Finance ! ces "cas individuels" ce sont des salariés, des entrepreneurs, des sous-traitants touchés !!! Et la somme de ces cas individuels ... c'est une part de l'économie "réelle" ... Tout n'est pas que finance ...

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