Sous la crise, le renouveau

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Par Sophie Gherardi, directrice adjointe de la rédaction de La Tribune.

Les raisons ne manquent pas d'être tétanisé par la crise. Le chômage s'est stabilisé, mais si haut. Certains secteurs, certaines régions, se débattent dans de lourdes difficultés et n'aperçoivent pas de lumière au bout de leur tunnel.

Les déficits annoncent des années de gestion serrée des finances publiques. Les Bourses ont le hoquet, l'Europe chancelle. Le relèvement de l'âge de la retraite a fait descendre dans la rue des centaines de milliers de Français, dont beaucoup n'ont plus guère d'espoir d'y échapper. Ces peurs et ces colères obscurcissent notre horizon et nous empêchent de voir les changements stupéfiants qui sont à l'oeuvre.

Ce vendredi, arrive sur le marché français l'iPad d'Apple, la tablette qui va modifier les modes de consommation, comme l'ont fait avant elle les autres créations d'Apple, de l'iPod à l'iPhone. Les livres, les journaux, les films, les concerts, les expositions, les vitrines, les compétitions sportives, les cours magistraux... tout sera accessible comme en vrai, mieux qu'en vrai. Si ce n'est sur cette tablette-là, ce sera sur ses concurrentes ou sur ses versions ultérieures, plus perfectionnées.

Pendant que BP se bat pour colmater la fuite de pétrole qui pollue les côtes américaines, des milliers d'innovations sortent des labos du monde entier dans le domaine de l'énergie. Bouger, se chauffer, habiter et consommer avec moins d'énergie, moins polluante, ce défi est en train d'être relevé. Les innovations "en grappe" qui définissent les grands sauts technologiques sont en train d'apparaître, là, en ce moment.

La plus époustouflante de toutes, peut-être, est celle qui a été annoncée, le 20 mai, par le biologiste américain John Craig Venter dans la revue "Science" : la création d'une cellule artificielle capable de se reproduire. Le génome de la bactérie qui s'est multipliée a été construit par synthèse chimique et informatique, en "copiant", certes, le génome d'une bactérie existante, mais enfin l'assemblage qui a donné lieu à cette nouvelle forme de vie était bien l'oeuvre des hommes. À notre insu, un champ immense vient de s'ouvrir.

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