Rue du Commerce

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

La montée en puissance de Jean-Charles Naouri dans le capital de la société Rue du Commerce ne modifie pas en profondeur le paysage de la distribution. L'acquisition de 800.000 actions pour 3 millions d'euros ne fera du PDG et principal actionnaire du groupe Casino que le sixième actionnaire du site marchand, avec 7,2% du capital et 5,5% des droits de vote.

Mais elle n'en est pas moins symptomatique des évolutions de la distribution depuis l'émergence de l'e-commerce à la fin des années  1990. La vente par Internet est entrée dans les moeurs. Plus de 24 millions de Français ont dépensé en ligne, l'an dernier, 25 milliards d'euros. C'était 26% de plus qu'en 2008, quand la consommation des ménages ne progressait que de... 0,7% !

La part de marché de la Toile aurait donc atteint entre 4 % et 4,5 % des ventes en France. C'est loin d'être négligeable, mais ce n'est pas non plus la déferlante que les experts, conseils, consultants de tout poil annonçaient à la fin du siècle dernier. L'e-commerce a fait son miel dans certaines niches (l'achat de billets, par exemple...) et avec certains produits (culturels, high-tech).

Le constat s'impose : Rueducommerce.com n'a pas tué... la rue du Commerce. Et le choix de Jean-Charles Naouri de se renforcer dans la jeune société cybermarchande souligne aussi, en creux, ce que les classements des sites d'e-commerce par le nombre de visites nous enseignaient déjà. Hors ceux de La Redoute et des 3 Suisses (pour qui la Toile prolonge la vente par correspondance traditionnelle), la Fnac et Voyages-sncf.com (qui s'inscrivent dans les fameuses niches), la quasi-totalité des acteurs de l'e-commerce n'est pas issue de la distribution traditionnelle. En France, comme à l'étranger.

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